Dans la perspective des États généraux de l’alimentation, Coop de France a érigé le 7 juin la Responsabilité sociétale des entreprises (RSE) comme « une réponse à la guerre des prix ». Près d’une dizaine de coopératives ont présenté leur démarche lors d’un colloque à Paris.
Dans la perspective des États généraux de l’alimentation, Coop de France a érigé le 7 juin la Responsabilité sociétale des entreprises (RSE) comme « une réponse à la guerre des prix ». Près d’une dizaine de coopératives ont présenté leur démarche lors d’un colloque à Paris.
La RSE est « une réponse à la guerre des prix qui fait tant de dégâts depuis plusieurs années », a considéré Dominique Chargé, président de Coop de France Agroalimentaire. Il s’agit pour lui de « passer d’une logique de destruction de valeur à un état d’esprit de création de valeur et de partage de cette création de valeur ». Les preuves et les engagements de la coopération agricole sur le déploiement de la RSE ont été présentés lors d’un colloque à Paris. Près d’une dizaine de coopératives ont expliqué leur démarche.
« J’appelle tous nos clients, sur tous les circuits de distribution et pour toutes les catégories de produits, à mieux valoriser ces engagements en repositionnant leurs discours commerciaux sur la création de valeur et non plus sous le prisme du prix le plus bas », a déclaré Dominique Chargé en clôture de l’événement lors de la 3e Semaine de la coopération agricole. Et d’insister pour que les États généraux de l’alimentation, promis par Emmanuel Macron, « valorisent ces démarches de RSE au service de la création de valeur ».
Pascal Viné, délégué général de Coop de France, a appelé à « réinventer les relations commerciales ». « Nous pouvons développer de nouvelles relations commerciales avec nos clients », a-t-il dit. Inutile pour cela d’attendre une évolution législative : « Ce n’est pas la loi qui fera le revenu des paysans », a lancé Pascal Viné, invitant plutôt à promouvoir leurs produits.
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Un bilan des outils d’accompagnement RSE a été dressé, après trois ans d’actions au sein de Coop de France. « La RSE est un des piliers de notre stratégie de différenciation auprès des clients », a souligné Rachel Blumel, directrice du pôle agroalimentaire. Diverses spécificités coopératives ont été mises en avant. Leur ancrage territorial : 74 % des sièges sociaux sont localisés en zone rurale, d’après Coop de France. Également la notion de long terme, de transmission aux générations futures. La RSE présente des avantages en termes de compétitivité, de notoriété, a signalé Rachel Blumel, études à l’appui : elle apporte un gain de performance de 13 % par rapport aux sociétés qui ne la pratiquent pas, et participe à hauteur de 44 % à la réputation de l’entreprise.
Reste à bien valoriser la RSE. Aux Caves de Rauzan, impliquées dans la démarche depuis 2009, elle commence à porter ses fruits. « On valorise la RSE depuis un an et demi, deux ans », a indiqué la chargée de mission Laure Durand. Cela se traduit par des relations entre client et fournisseur « plus pérennes ». L’activité des Caves de Rauzan en a bénéficié, avec un volume d’affaires plus important chez Carrefour. Sodiaal a matérialisé sa RSE au travers d’une Route du lait, a expliqué Patrice Binet, administrateur de la coopérative. Cette démarche de progrès, en trois étapes, porte sur l’amélioration de la qualité du produit, la sécurité des hommes, le bien-être animal, l’environnement. 63 % des exploitations atteignent le niveau 2 ou 3 de la charte, selon lui. « Un projet pour 2018 est de rémunérer la Route du lait », a-t-il affirmé, soulignant la profonde crise que connaissent les producteurs.
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