Lors de l'assemblée générale de Coop de France à Paris les 18 et 19 décembre, le pôle animal a clairement montré son objectif de (re)conquérir la confiance des consommateurs.
«J OUEZ à fond l'idée de coopérative », a suggéré Nathalie Damery, présidente de l'Obsoco (observatoire société et consommation), lors de l'assemblée générale de Coop de France à Paris, le 18 décembre. Sur fond de nouvelle crise de la viande de cheval, Coop de France Pôle animal a affirmé qu'une de ses priorités est de « reconquérir la confiance des consommateurs ». Un défi réaliste car, comme le dit Nathalie Damery, « les gens sont flippés ». Rassurer est un des mots d'ordre pour regagner la confiance. Or, la notion de « coopérative » véhicule des valeurs de mutualité et de collectif qui vont dans ce sens. Nathalie Damery dégage aussi une nouvelle attente des consommateurs : l'enseignement. Elle explique : « Il y a de moins en moins de transmission des traditions culinaires ». Pour la spécialiste, cette observation explique en partie le succès des émissions télévisés de cuisine. Pour les filières viandes, il est nécessaire de renseigner les consommateurs sur la façon de cuisiner les différents morceaux. « Les paniers Amap (Association pour le maintien d'une agriculture paysanne) sont souvent accompagnés de fiches recettes pour apprendre au consommateur comment cuisiner les légumes “oubliés” », illustre-t-elle.
Stratégie à l'exportUne reconquête nationale, mais aussi une conquête internationale des marchés. Guillaume Garot, ministre de l'Agroalimentaire, a annoncé que des missions d'inspection chinoises sont en cours dans des entreprises françaises de charcuterie. L'objectif ? Exporter vers la Chine. « Il s'agit d'une étape décisive dans la stratégie à l'export de la filière », poursuit-il. Le résultat de ces missions d'inspection pourrait être donné début 2014. Cette stratégie est, selon Guillaume Garot et Hubert Garaud, président du pôle animal de Coop de France, un gage de réussite pour redonner de la compétitivité aux filières animales. « Ce n'est pas seulement la Chine. En Corée du Sud, au Brésil, en Afrique… émerge une vraie classe moyenne », poursuit Guillaume Garot. En amont, cette stratégie devra aussi suggérer une adaptation de l'offre française à la demande de ces pays émergents.
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La conquête de la confiance des consommateurs et des marchés à l'export n'est réaliste que si la filière, en amont, assure un niveau de production. Guillaume Garot a rappelé une des priorités pour 2014 : la bonne application de la loi de consommation qui est censée rééquilibrer les relations commerciales entre transformateurs et distributeurs. Une condition nécessaire au maintien des activités de production des filières animales.
«FACILITEZ une revalorisation des prix d'achats des grands distributeurs qui reflète les variations de coût très significatives supportées par nos entreprises et non répercutées depuis des années », a demandé la Fict (fédération française des industriels charcutiers, traiteurs et transformateurs de viande) au gouvernement et au Parlement, dans une lettre ouverte publiée, le 16 décembre. La Fict rappelle que « 47% des 238 entreprises étudiées ont été en perte en 2012 ». Surtout, les professionnels font valoir que sur la période 2008 à 2012, le résultat net avant impôts des industriels de la charcuterie est de 65 millions d'euros, soit 0,9% du chiffre d'affaires. Ils comparent leur situation à celle des grandes et moyennes surfaces dont le résultat net avant impôt sur les rayons charcuteries représentent 9,1% du chiffre d'affaires, selon l'Observatoire des prix et des marges.