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Europe Les coopératives d’Europe du Nord, arme au pied

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Les pays du nord de l’Europe ne comptent pas moins de sept coopératives laitières parmi les dix premières mondiales. Si les deux américaines semblent se contenter de défendre leurs positions sur leur marché national, la coopérative néo-zélandaise, leader mondial des exportations, entend bien poursuivre d’imprimer son leadership mondial. Elle a dévoilé une stratégie à l’horizon 2020 particulièrement agressive, axée sur la conquête de nouveaux marchés, y compris par l’implantation locale de fermes, comme en Chine, et les produits à forte valeur ajoutée, comme les ingrédients nutritionnels ou les aliments santé. Les grandes européennes du nord, dans leur ensemble, ne veulent pas s’arrêter en chemin et ne cachent pas leur volonté expansionniste. Cela passe, soit par des acquisitions, des rapprochements ou l’innovation vers des produits à plus forte valeur ajoutée.

Les deux coopératives néerlandaises ont donné le coup d’envoi de la restructuration en marche dans le secteur laitier, en annonçant en décembre 2007 leur intention de lier leurs destins, ce qui fut accordé par les autorités européennes un an plus tard. Le groupe est présent sur tous les continents : 26 sites en Europe, hors Pays Bas, 2 en Russie, 12 en Asie, 6 en Amérique et 4 au Moyen Orient et Afrique. Sa feuille de route, appelée « Route 2020 », veut aller encore plus loin et a déjà vu en 2011, la montée au capital (de 8,1 à 68,9%, avant contrôle total) de la société philippine, Alaska Milk Corporation, en mars. Deux acquisitions en Serbie, dans la nutrition infantile ont suive en octobre dernier, signe que le groupe cherche les produits à fort potentiel.
Les Allemands ont suivi leur exemple, et les coopératives Humana Milch et Nordmilch et se sont regroupées de manière opérationnelle en mai 2011, mettant en commun leurs forces, savoir-faire et parts de marché, aboutissement d’une coopération commerciale commencée deux ans auparavant. La nouvelle entité nommée DMK (Deutsches MilchKontor) entend poursuivre sa stratégie d’expansion et de diversification, comme l’a démontré en février 2012, la prise de contrôle de la société hollandaise d’ingrédients non laitiers, DP Supply BV of Emmen, dont elle a acquis la majorité et non plus 30%.
La même politique d’acquisition anime le leader danois, Arla Foods. Il a successivement fusionné en 2011 avec l’allemand Hansa Milch et mis la main en novembre sur les fromages, leaders du marché allemand, Allgaüland-Käsereien. Arla a connu en 2011 une croissance de 12% à 7,4 milliards d’euros, dont 27% dans les pays d’Afrique et Moyen Orient et 33% en Russie. Les pays d’Asie sont également un axe de développement. Le groupe s’est fixé pour 2015, un chiffre d’affaires de 10,1 milliards d’euros.
Les industriels irlandais ne sont pas en reste. Ainsi Glanbia Co-operative, leader national a connu une progression de 26,2% en 2011 pour atteindre 2,7 milliards d’euros. Le groupe affirme dans son rapport annuel être prêt à tout rapprochement, se fixant même pour objectif le second semestre de l’année 2012. Cela pourrait effectivement se concrétiser, car elle a engagé des négociations avec la coopérative Dairy Gold qui réalise un chiffre d’affaires de 758 millions d’euros et qui vise une augmentation de 50% de sa production de lait d’ici à 2020. A la recherche de débouchés, elle vient d’effectuer une mission en Chine, en vue d’exporter ses laits pour bébés. Le numéro 2 irlandais, l’Irish Dairy Board, reste plus fidèle à sa stratégie actuelle qui est de confirmer sa place sur le marché national et de se développer aux Etats Unis, où il réalise déjà 50% de son chiffre d’affaires avec ses fromages, y ayant même racheté en novembre, la société Thiel Cheese. Il vient néanmoins d’ouvrir 2 sites en Grande Bretagne et en Algérie.
Le leader norvégien est moins ambitieux se fixant comme objectif de satisfaire son marché national. Tine n’exclut toutefois pas de pousser davantage ses pions sur les marchés américain et australien. Les coopératives britanniques sont plutôt sur une position défensive face à une concurrence très forte de la part de leur homologue danois Arla ou des sociétés privées. Les deux coopératives nationales, Milk Link et First Milk ont du mal à surmonter l’échec de leur fusion en février 2008. La seconde a même dû céder sa participation de 10% qu’elle détenait dans le groupe Wiseman Dairies. Avant que de chercher de nouveaux marchés, les deux coopératives ont plus à se soucier de préserver leur place sur le sol national.

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