Abonné

UE/Chaîne alimentaire Les coopératives européennes réclament une adaptation des règles de concurrence

- - 3 min

« Les règles européennes de la concurrence doivent être adaptées pour permettre aux organisations de producteurs, notamment les coopératives, de croître, en taille et en échelle, ce qui leur donnerait plus de poids au sein de la chaîne d’approvisionnement alimentaire », a indiqué Paolo Bruni, le Président du Cogeca, le syndicat des coopératives agricoles de l’UE.

Pour tenter de contrer les dysfonctionnements et les déséquilibres actuels de la chaîne alimentaire, les syndicats des coopératives agricoles (Cogeca) et des producteurs agricoles (Copa) ont adopté à l’unanimité un texte visant à promouvoir leur position au sein de la chaîne d’approvisionnement alimentaire. Celui-ci demande à la Commission européenne et aux Etats membres d’agir pour promouvoir des « pratiques contractuelles équitables et pour interdire les pratiques déloyales et abusives. » Paolo Bruni, président du Cogeca, a tiré la sonnette d’alarme en soulignant que les agriculteurs et les consommateurs européens sont confrontés « à une volatilité accrue du prix des produits agricoles et des denrées alimentaires et que les recettes que les agriculteurs tirent du marché continuent de baisser ». Selon lui, les producteurs et les coopératives « ne reçoivent actuellement que 20% du prix que les consommateurs paient pour acheter des denrées alimentaires alors qu’il y à 10 ans, cette part s’élevait à 30%. » Pire : les prix perçus par les agriculteurs « ne suffisent même pas à couvrir les coûts et encore moins à leur assurer un revenu équitable ».

Pour un « médiateur européen des pratiques commerciales »
Paolo Bruni explique cette anomalie par le fait que les agriculteurs et leurs coopératives sont confrontés « à l’immense pouvoir d’achat d’une petite poignée de transformateurs et de supermarchés ». L’utilisation de ce pouvoir de marché dans le cadre de transactions commerciales tout au long de la chaîne alimentaire est finalement, selon le dirigeant syndical, « ce qui conduit à l’apparition de pratiques déloyales ». Coopératives et producteurs agricoles de l’UE réclament donc l’adaptation des règles européennes de la concurrence pour permettre aux organisations de producteurs, notamment les coopératives, de croître, en taille et en échelle, ce qui leur donnerait plus de poids au sein de la chaîne d’approvisionnement alimentaire. Mieux, disent-ils, « il serait même nécessaire de créer une “Agence européenne des pratiques commerciales dans le domaine alimentaire” indépendante, qui serait chargée de fournir des conseils concernant les questions de la chaîne alimentaire et de contribuer à une chaîne d’approvisionnement alimentaire plus transparente et plus équitable ». Un « médiateur européen » des pratiques commerciales dans le domaine alimentaire, chargé du règlement des litiges, constituerait, aux yeux des coopératives agricoles, « une partie importante de la structure de l’agence ». L’impact des marques privées des distributeurs sur la compétitivité du secteur agroalimentaire au niveau européen doit également être clairement analysé. Les coopératives agricoles soulignent que des études nationales ont montré une croissance stable et continue de la part de marché des marques privées des distributeurs, « croissance réalisée au détriment des marques de producteur et de l’industrie agroalimentaire ».

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Commission européenne
Suivi
Suivre