Le réseau Coop de France voit la démarche RSE (responsabilité sociale et environnementale) comme une opportunité de valoriser auprès du grand public certaines caractéristiques des coopératives agricoles, telles que la « gouvernance démocratique », « l'ancrage territorial » et « la notion de long terme ». Problème : le grand public connaît peu ce concept. Coop de France a présenté, le 17 mars, un « guide du reporting RSE », qui explique aux coopératives comment communiquer sur leurs pratiques.
Pour le réseau Coop de France, le développement de la responsabilité sociale et environnementale (RSE), matérialisé par l'obligation de reporting extra-financier chez les entreprises cotées depuis 2002, ou la création de la norme ISO 26000 créée en 2010, est une opportunité, pour les coopératives, de se différencier du reste du monde agroalimentaire. « Il y a une proximité structurelle entre la RSE et les coopératives agricoles. Pour Coop de France, RSE et compétitivité ne s'opposent pas. Valoriser nos actions en matière de développement durable est une des conditions de réussite de nos entreprises », résume Michel Prugue, premier vice-président de Coop de France, lors d'un colloque sur le thème de la RSE, le 17 mars. Des caractéristiques comme « la gouvernance démocratique », « l'ancrage territorial », « la notion de long terme », sont, selon Coop de France, autant d'opportunités pour les coopératives de se différencier des autres entreprises. Le réseau a publié un guide à l'intention des entreprises qui souhaitent faire du « reporting RSE », autrement dit communiquer sur leurs pratiques. « L'écueil serait de tomber dans le marketing pour le marketing, le social ou le greenwashing. Il faut du contenu, cependant le “faire-savoir” fait partie de la RSE. Il est important que les démarches qui composent un produit soient rendues visibles », détaille Benjamin Enault, directeur-associé au cabinet Utopies.
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Problème, les démarches ne sont pas toujours bien valorisées. « Si la RSE a une forte proximité avec notre modèle d'entreprise, son déploiement dans les coopératives et leurs filiales doit s'accompagner d'une reconnaissance de ces efforts par les clients », a par exemple nuancé Michel Prugue. Et pour cause : « Les consommateurs ne connaissent pas la RSE », constate Reine-Claude Mader, présidente de l'association de consommateurs CLCV : « Dans les groupes focus que nous observons, les gens attachent de l'importance à l'origine, la composition, la fabrication, et en dernière position, la RSE ». Elle s'étonne d'ailleurs de « l'ampleur des champs couverts par la RSE, ce qui rend difficile de la vendre ». Les entreprises de distribution (GMS ou grossistes) se disent à l'écoute du développement de ces démarches parmi leurs fournisseurs. Cependant, ce sont elles qui proposent les thèmes sur lesquels elles veulent se différencier. Carrefour s'est par exemple fixé deux axes de RSE : la lutte contre le gaspillage et la préservation de la biodiversité : « tous les projets qui vont dans ce sens trouveront un écho chez nous », affirme Bertrand Swiderski, directeur développement durable chez le distributeur. Les fournisseurs auraient peut-être préféré développer l'axe « relations commerciales ».