Les coopératives laitières ont demandé le 23 avril pour la future PAC post 2020 l'intégration d'un mécanisme de sécurisation de la marge des éleveurs, sur l'exemple du Farm Bill américain mis en place en 2015. A leurs yeux, la gestion de la volatilité des prix ne peut se passer de l'intervention des pouvoirs publics.
Dans les « outils indispensables » de gestion de la volatilité des prix, un axe est de « s'inspirer des expériences d'autres pays », a déclaré en AG le président de la FNCL Dominique Chargé, déjà tourné vers la Pac d'après 2020. « Je pense plus particulièrement au mécanisme de sécurisation de la marge des éleveurs laitiers du Farm Bill américain mis en place en 2015 », à savoir le paiement d'une aide compensant la baisse des prix de marché. Ce système serait « adapté aux nouveaux enjeux, même s'il n'est pas transposable exactement », convient la FNCL.
Une autre demande porte sur « un système de gestion de crise au niveau de l'UE, obligatoire et équitable, dans lequel les outils d'intervention existants doivent pouvoir être mobiles et réactifs pour s'adapter aux différentes situations de marché ». Enfin, la FNCL réclame des indicateurs européens « réactifs et efficaces ». « Si les coopératives se sont préparées pour faire face à cette nouvelle donne qui implique une plus grande volatilité, leur dynamique de croissance ne peut être totalement envisagée qu'avec le concours des pouvoirs publics », d'après la FNCL.
Message bien reçu par Jean-Guillaume Bretenoux, le conseiller de Stéphane Le Foll chargé de l'Agroalimentaire et de l'Alimentation. Ce dernier a rappelé la « forte mobilisation » du ministre de l'Agriculture au niveau européen pour « essayer de porter le sujet de la régulation post quota ». « On n'a pas beaucoup de répondant des autres Etats membres », a-t-il regretté. « Stéphane Le Foll continuera de porter la demande de dispositifs à la fois réactifs et efficaces mais aussi un peu plus précis », a-t-il assuré. Pour trouver des alliés, le conseiller a invité les opérateurs à se mobiliser aux côtés du gouvernement.
Aide aux zones défavorisées
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La FNCL a par ailleurs réitéré sa demande d'aide à la collecte dans les zones difficiles. Un « enjeu majeur dans le contexte de sortie des quotas » laitiers, selon Dominique Chargé. « Sans prise en main réelle de cette question, l'abandon de la production laitière française dans certaines zones et la fermeture de centres de collecte et d'usines de transformation pourraient bien s'avérer », a-t-il insisté. Deux options sont avancées par la FNCL : soit une aide à la collecte versée à l'entreprise, soit une aide à l'acheminement versée au producteur. La réponse passe, selon la fédération, par un « travail collectif » impliquant l'UE, l'Etat, jusqu'aux collectivités territoriales.
Le conseiller du ministre a estimé, qu'à l'échelle des régions, « la simple compensation des surcoûts n'est pas évidente à envisager ». Pour lui, une approche plus « structurante » est nécessaire, réflexion que doit mener FranceAgriMer dans le cadre de stratégies de filière.
Les coopératives laitières ont un poids croissant dans la filière et leur activité s'est « nettement accélérée depuis 2010 lorsqu'elles représentaient 9 milliards de litres en volume total de lait transformé, soit une progression de 19 % à périmètre constant en 4 ans », selon un baromètre économique publié le 23 avril. En 2013, la coopération laitière pesait 14,5 milliards d'euros (soit 53 % de la filière) pour un volume total de lait collecté s'élevant à 12,8 milliards de litres (54 % de la filière) et un volume total de lait transformé de 10,7 milliards de litres (45 % de la filière). Les coopératives laitières « ont investi au total 990 millions d'euros au cours des cinq dernières années ». A ce jour, selon les seules déclarations chiffrées, la FNCL estime à « au moins 1 milliard d'euros les investissements qui seront réalisés au cours des cinq prochaines années ». Le chiffre d'affaires total des coopératives laitières à l'international s'est élevé en 2013 à 4,1 milliards d'euros, soit 32 % de leur activité (pour les coopératives qui ont une activité de transformation), avec 19 % réalisés dans les pays de l'Union Européenne et 13 % en dehors. La quasi-totalité des coopératives laitières (96 %) avait d'ailleurs une activité à l'international en 2013 contre 42 % en 2010, selon le baromètre.