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Coopération agricole Les coopératives ont su résister à la crise en 2009 selon Coop de France

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Selon Coop de France, les coopératives agricoles se sortent plutôt bien d’une année 2009 perturbée par la crise économique. Le secteur s’est consolidé et a su continuer à progresser. Toutefois, l’écoute des banques s’est révélée moins bonne que les années précédentes.

«La coopération consolide ses positions », a indiqué Philippe Mangin, président de Coop de France, en conférence de presse à Paris, le 3 novembre. Quelques jours avant son congrès qui doit se tenir à Paris les 9 et 10 novembre prochains, l’organisation présentait les données clés de la filière pour 2009. Avec un chiffre d’affaires de 80 milliards d’euros, les 3 000 entreprises coopératives détiennent toujours 40 % de l’agroalimentaire français. « Sur les huit premiers mois de 2009, les excédents agroalimentaires français ont chuté de 44 % sur l’Union européenne et de 72 % sur les pays tiers, a observé Philippe Mangin. Mais la coopération n’en a pas souffert ». Le nombre de salariés, évalué à 150 000, n’a pas bougé. « Ce qui traduit une résistance à la crise », a souligné Yves Le Morvan, directeur de Coop de France.

Des opportunités de croissance avec le papy boom
90 opérations de croissance externe ont eu lieu dans le monde coopératif, dont 57 internes au secteur. Au total, les coopératives ont acquis 1,229 milliard de chiffre d’affaires et en ont cédé 1,459 milliard. Il résulte de ces opérations un solde négatif de 230 millions d’euros, mais Coop de France ne s’en émeut pas : l’année inclut la sortie de Socopa du périmètre coopératif, « ce qui plombe » les chiffres, a estimé Yves Le Morvan. Selon le spécialiste, les opérations menées sur les dix dernières années ont globalement permis à la coopération agricole d’accroître de 3 % ses parts de marché dans l’agroalimentaire. Et cette tendance ne devrait pas s’inverser. « Compte tenu du papy boom dans les entreprises alimentaires, la coopération a des occasions de poursuivre cette croissance », a signalé le directeur de Coop de France. Reste qu’en ces temps de crise économique, « l’accès au crédit est difficile », a reconnu Philippe Mangin. « Les banques sont bien plus frileuses aujourd’hui sur nos projets » toujours nombreux, a-t-il remarqué. Pour améliorer la situation, Coop de France mise notamment sur le déblocage de crédits via le grand emprunt national, une idée lancée le 22 juin par Nicolas Sarkozy. L’organisation souhaiterait voir 250 millions d’euros consacrés aux biotechnologies et 500 millions d’euros à la chimie verte. « Si tel était le cas, les banques seraient peut-être moins frileuses pour soutenir nos projets », a conclu Philippe Mangin.

Le premier groupe français au huitième rang européen
En tout cas, les coopératives françaises ont encore du « chemin à parcourir » pour s’imposer au niveau européen, selon Yves Le Morvan. Au palmarès des dix plus gros groupes coopératifs de l’Union, InVivo, leader français, n’arrive qu’en huitième position avec un chiffre d’affaires de 5,2 milliards d’euros. Il est suivi à la dixième place de Terrena et ses 3,9 milliards d’euros. Les deux sociétés se situent bien loin derrière Friesland Campina ou Bay Wa. Le groupe coopératif laitier hollandais qui pèse 9,4 milliards d’euros se place en pole position, tandis que le second, groupe allemand spécialisé dans les céréales et l’approvisionnement, se classe sur la troisième marche du podium avec un chiffre d’affaires de 8,8 milliards… La compétition est ouverte.

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