Abonné

Etude Les coopératives ont un « potentiel de croissance hors normes » selon Xerfi

- - 4 min

Le cabinet d’études Xerfi vient de publier une seconde étude sur les coopératives agricoles, plus optimiste que celle diffusée en début 2009. Le secteur aurait devant lui d’importantes opportunités de croissance, tant à l’international que dans le commerce de détail auprès des particuliers. Dans tous les cas, les groupes coopératifs devront veiller à préserver le lien avec leurs adhérents.

«Un potentiel de croissance hors normes » à moyen terme : pour la deuxième édition de son étude sur les coopératives agricoles, sous-titrée Quelles stratégies pour relever les nouveaux défis ?, le cabinet d’étude Xerfi s’est voulu optimiste. Bien sûr, « les difficultés conjoncturelles actuelles pèsent sur l’activité et sur les comptes des groupes coopératifs », indique l’auteur, Isabelle Senand. Mais l’accroissement de la population mondiale va offrir de nouveaux débouchés aux groupes alimentaires tandis que les problématiques liées au développement durable « devraient progressivement fournir de nouvelles sources de développement à la profession ». Qui plus est, certaines tendances se révèlent favorables au secteur selon l’auteur, comme le renforcement des attentes en matière de traçabilité, le recours aux avancées technologiques, source pour les coops d’une fidélisation de leurs adhérents, ou l’intérêt croissant du consommateur pour l’origine et le mode de fabrication des produits.

Investir dans le commerce de détail auprès des particuliers
Pour Isabelle Senand, le potentiel de croissance des coops se trouve à l’international, notamment. Elles peuvent s’implanter sur des marchés porteurs en créant ou reprenant des outils industriels et des centres de recherche, à l’image de Tereos au Brésil, d’InVivo en Amérique Latine ou de Champagne Céréales en Ukraine. Elles peuvent également fournir par ce biais de nouveaux débouchés à leurs adhérents, comme Axéréal avec sa filiale de négoce international Granit. D’après l’étude, mieux vaut miser sur des produits à forte valeur ajoutée… Sachant que si « le développement international est une voie importante afin de rendre plus compétitives les structures coopératives et d’augmenter leur pouvoir de marché », « la mise en place des projets et la gestion de ressources à l’étranger sont particulièrement difficiles et demandent des équipes aux compétences pointues et habituées à ce genre de développement ». Ce qui n’a rien de simple pour les petites structures. A l’aval, l’étude propose à la coopération, désormais « bien représentée » dans la transformation de produits alimentaires, de développer sa présence dans le commerce de détail auprès des particuliers. A l’exception des coopératives viticoles et en dehors des enseignes de jardinerie, rares sont celles à avoir investi dans ce maillon. Or, pour certains groupes positionnés sur des produits « terroirs », du bio ou des fruits et légumes, ce pourrait être « un débouché intéressant », estime Isabelle Senand.

L’adhérent ne perçoit pas toujours la valeur d’une activité
Dans tous les cas, les coopératives doivent veiller à garder un lien étroit avec leurs adhérents. Comme le précise l’auteur, « la logique voudrait que le coût généré par une activité se répercute de manière proportionnelle sur la valeur que l’adhérent va percevoir », mais « dans les faits, c’est loin d’être toujours le cas ». L’adhérent a ainsi une bonne perception de la valeur des activités liées à l’amont et à l’approvisionnement, mais ce n’est pas le cas en ce qui concerne la transformation et l’international. Moins bien compris, ce type d’investissement conduit souvent à un relâchement du lien avec l’adhérent. Pour Isabelle Senand, donner la parole aux exploitants peut avoir son intérêt. « Le lien avec les adhérents passe de plus en plus par le net », juge-t-elle, notamment via les services intranet et extranet. Préserver ce lien va se révéler d’autant plus essentiel que les coops sont condamnées à grossir pour atteindre la taille critique qui leur permettra d’aborder certains marchés. Comme le souligne l’étude, « hormis sur le marché des produits laitiers ou Sodiaal se distingue avec Candia et Yoplait, les “top” positions sont rares pour les groupes coopératifs ».

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.