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Recherche & Développement Les coopératives s’affirment comme moteurs de R & D en agroalimentaire

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Contrairement à l’idée reçue, l’agroalimentaire et en particulier les coopératives ne sont peut-être pas le désert souvent décrié en matière de recherche et développement (R & D). En misant sur des structures propres ou sur le partenariat, les coopératives font jouer leur réseau et représentent elles aussi, dans une certaine mesure, un moteur de R & D. C’est bien sur des réalisations de ce type que les pouvoirs publics peuvent s’appuyer pour intensifier la recherche dans les IAA. Le 25 septembre, Guillaume Garot, ministre délégué à l’agroalimentaire, s’est affirmé persuadé qu’il faut un effort puissant de recherche et innovation dans ce secteur. « Il faudra de nouveaux investissements afin de soutenir la recherche et l’investissement » disait-il.

Longtemps considérée comme faisant peu de recherche et développement (R & D), la coopération s’est affirmée le 26 septembre comme une force d’investissement dans ce domaine. À l’occasion d’une rencontre organisée par le quotidien économique Les Échos et l’Acooa (Alliance des coopératives agricoles), bon nombre d’entreprises coopératives ont présenté leur puissance de feu dans ce domaine. Des actions qui passent bien souvent par des unions de coop (l’UNCEIA pour la génétique animale) ou des filiales spécialisées (ARD pour les valorisations non alimentaires) mais aussi par des structures internes pour certaines coopératives. Une entreprise comme Ingrédia, qui produit des ingrédients pour l’industrie agroalimentaire inclut par exemple 45 chercheurs pour 400 employés. Une société coopérative marquée par une vraie culture de recherche, analysant le niveau de marge créé au bout de 3 ans avec les nouveaux produits. Un paramètre qui permet en partie de mesure l’efficacité de la recherche.
 
Associer des tiers
L’objectif de s’associer à des tiers est largement partagé, comme l’ont rappelé Dominique Dutartre, président d’ARD. Cette société, créée par la filière grandes cultures de la Marne, à l’époque du gel des terres, en 1993, dispose d’une équipe de 60 chercheurs avec un budget de 10 millions d’euros. L’activité est rémunérée à la fois par la valorisation des innovations, qui donne lieu parfois à des créations de « start up » ultérieurement cédées, et par la ventes de prestations concernant l’environnement.
ARD a maintenant une activité pleinement reconnue, dans le domaine du non-alimentaire, pour laquelle elle a été créée. Cependant, son président affirmait clairement qu’il est maintenant question d’ouvrir « une dynamique alimentaire ». Les associations avec des tiers, Alain Montembault, patron de la R & D de Terrena les connaît aussi. Il a notamment annoncé avoir créé début 2012 une filiale de R & D sur la gestion de l’eau avec la Lyonnaise des Eaux. Mais la grande affaire de Terrena, ce fut le tournant pris, assez radicalement selon Alain Montembault, vers l’agriculture écologiquement intensive. Là, toute la structure fut sollicitée, depuis les agriculteurs jusqu’aux salariés. Mais aujourd’hui, la R & D de Terrena se trouve filialisée au sein d’une société composée de 100 personnes. Ses recettes : 50% provenant de ventes de services en interne et 50% de ventes en externe.

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