Coop de France déplore le peu d’avancées inscrites finalement dans la LOA, qui s’avère plus une « loi d’adaptation » que « d’orientation ».
Si Coop de France se félicite de la création du Haut conseil de la coopération prévue par la loi d’orientation agricole (LOA), presque tout le reste lui apparaît décevant et très loin des enjeux. « Au moment de l’examen du projet de loi d’orientation agricole, tous les ingrédients étaient réunis pour évoquer les vrais enjeux auxquels l’agriculture française est confrontée », rappelle un communiqué de l’organisation des coopératives, parmi lesquels les crises sectorielles à répétition, la réforme de la Pac et les négociations à l’OMC qui s’engagent au mépris de « ce qu’il reste de préférence communautaire ».
« Or, les débats à l’Assemblée Nationale et au Sénat ont été assez éloignés de ces enjeux économiques majeurs pour l’agriculture française, le projet de texte relevant il est vrai, plus d’une loi d’adaptation que de véritable orientation de l’agriculture », aux yeux de Coop de France. C’est ainsi que « n’ont pas été inscrites dans la loi les avancées nécessaires » qu’auraient été « la contractualisation, pour mieux répondre aux attentes des clients finaux, le regroupement de l’offre face à des clients de plus en plus concentrés et les moyens de promotion et d’exportation de l’agroalimentaire français ».
Une occasion manquée
« Face aux positions divergentes de la profession, et dans un souci affiché de libéralisme, l’Assemblée nationale a considérablement affaibli la portée du dispositif de l’organisation économique prévu à l’article 14 de la LOA, en acceptant de reconnaître comme organisations de producteurs (OP) toutes sortes de “machins” n’apportant aucune réponse de structuration des filières. Il s’agit là d’une grande occasion manquée et qui coûtera cher dans un contexte de durcissement de la concurrence internationale… »
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Par ailleurs, le Sénat a souhaité élargir à l’agriculture le 1 % logement. Si « les coopératives étaient prêtes à étudier » une telle question, « elles s’indignent devant la méthode retenue pour introduire cette mesure, décidée au mépris de toute concertation ».
Après le vote au Sénat et avant que le texte ne passe en Commission mixte paritaire, Philippe Mangin, président de Coop de France, lance en conséquence un message mi-figue mi-raisin en « saluant une nouvelle fois la détermination du chef de l’Etat et du gouvernement pour défendre la place de l’agriculture européenne dans le monde», mais en ajoutant : « Je ne rêve pas… au retour à une agriculture plus protégée. J’en appelle donc à la responsabilité des agriculteurs à s’organiser plus et mieux, et à celle des coopératives pour redoubler d’efficacité dans la conquête de valeur ajoutée et de nouveaux marchés. Je souhaite que le ministre de l’Agriculture facilite toutes les actions qui iraient dans ce sens. »