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Engrais Les cours de l’urée orientés à la baisse

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Etroitement lié au prix du baril de pétrole, les cours de l’urée ont perdu 50 % en deux mois. L’ammonitrate n’a pas suivi pour l’instant. Un ajustement à la baisse n’est toutefois pas impossible.

Divisé par deux en deux mois : c’est ce qui est arrivé au cours de l’urée, monté à 605 euros/t le 28 août dernier et redescendu entre 330 et 320 euros/t début novembre. Fabriquée à partir de gaz naturel, dont les cours sont étroitement liés à ceux du pétrole, l’urée a subi de plein fouet la baisse des cours de l’énergie. C’est le seul engrais azoté à faire véritablement l’objet d’un marché mondialisé : s’il n’est pas le plus riche en azote, il est facile à stocker et à transporter. « Nous nous attendions tous à un fléchissement de la demande mondiale, d’autant plus qu’un ralentissement survient chaque année à la même époque, mais celui-ci est survenu en même temps qu’une crise conjoncturelle », observe un courtier. Du fait de la crise financière et de la baisse du cours des céréales, les Etats-Unis et le Brésil, gros consommateurs d’engrais azoté, se sont trouvé plus gênés pour avancer les liquidités nécessaires au paiement des bateaux russes et égyptiens. L’Inde s’est approvisionnée, mais dans des volumes moins importants que prévu.

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Les solutions azotées en baisse de plus de 100 euros/t

« Le stockage local a augmenté, à l’origine de l’effondrement des cours », explique le courtier. Sans les droits de douane mis en place à l’exportation par la Chine ce printemps, le marché aurait pu chuter encore plus sévèrement. Les cours des autres formes d’engrais azotés sont un peu moins sensibles à ce mouvement baissier pour l’instant. Les solutions azotées ont perdu plus d’une centaine d’euros, passant de 355 euros/t à 245 euros/t fin octobre puis 235 euros/t début novembre, tandis que les prix de l’ammonitrate restent très fermes, à 478 euros/t début novembre contre 432 euros/t fin août. Ce produit se vend essentiellement en Europe, zone où la demande reste vive. De plus, les distributeurs qui achètent tôt en saison n’ont aucun intérêt à voir baisser le prix de l’ammonitrate avant d’avoir écoulé leurs stocks. Ils risquent sinon de perdre les frais de financement et de stockage qu’ils ont avancés. Mais « on ne peut pas garder durablement un tel écart entre l’urée et les autres formes d’azote », observe un spécialiste. Les cours des engrais azotés pourraient donc se replier en France… Mais peut-être une fois que les stocks seront épuisés.