Abonné

Global Grain 2009 Les cours des céréales devraient se ressaisir dès l’an prochain

- - 4 min

Oui, les grandes cultures se sont fortement dépréciées en un an, mais non, cela ne devrait pas durer. Président d’Agresources et économiste américain reconnu, Dan Basse, qui s’est exprimé lors de la conférence internationale Global Grain 2009 le 19 novembre à Genève, s’est voulu optimiste. Parce que, il ne faut pas l’oublier, les fondamentaux du marché des grandes cultures sont haussiers.

«Nous sommes toujours dans un marché en hausse, il n’y a pas tant de changement par rapport à la campagne précédente ». C’est sur un ton résolument positif que Dan Basse, président d’Agresource, a présenté la situation du marché des céréales pour la campagne 2008/2009, à l’occasion de la conférence Global grain 2009, le 19 novembre à Genève. Certes, la situation n’est pas simple à court terme. « Aujourd’hui, nous faisons face à un manque de confiance dans le crédit et dans les marchés,observe le spécialiste. Nous ne voulons pas de risques ». Résultat : la demande des consommateurs décline, les économies des pays développés ralentissent, les possibilités de crédit sont plus faibles y compris pour les agriculteurs, de même que leurs profits potentiels. Mais pour Dan Basse, cette situation ne peut pas durer. Au moins parce que les besoins mondiaux sont assis sur des stocks toujours aussi fragiles. En 2007/2008, « les stocks finaux des principales cultures cultivées dans le monde ont augmenté de seulement 11 Mt, signale-t-il. C’est un résultat décevant ».

Deux mois et demi de réserve en blé

En blé, le monde a finalement en réserve moins de 74 jours de consommation. Or ce chiffre ne devrait pas s’améliorer en 2009. « Les agriculteurs vont ensemencer moins de surfaces, notamment parce que les engrais sont devenus beaucoup plus chers », prévoit le spécialiste. Au total, la récolte mondiale maigrirait d’un volume situé entre 30 et 35 Mt. C’est l’Europe qui enregistrerait l’une des plus fortes baisses des cinq principaux exportateurs. Sa récolte dépassant tout juste 140 Mt en 2009, contre 150 Mt en 2008. En Russie et en Ukraine, Agresource table également sur des diminutions de production, de l’ordre de 2 à 4 Mt. Au Canada, la production repasserait sous la barre des 25 Mt, et en Inde, elle stagnerait. En nette hausse, la production argentine trouverait un débouché naturel au Brésil, son voisin. L’Australie verrait également sa récolte progresser, mais sans pour autant accroître fortement ses exportations. Or les demandes indienne et chinoise vont progresser.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

céréales
Suivi
Suivre

Des fonds de retour en 2009

Et l’Irak tout comme l’Iran devrait considérablement accroître ses importations. « Les achats de terres que ces pays ont pu faire n’auront pas d’impact sur leur approvisionnement avant 2 ou 3 ans », estime Dan Basse. De quoi faire remonter les prix, d’autant plus que les fonds indiciels, qui se sont massivement retirés des bourses américaines du soja, du maïs et du blé où ils possèdent désormais moins de 500 000 contrats contre plus de 800 000 en mai, ne devraient pas rester longtemps à l’écart de ces marchés. « Ils devraient logiquement revenir en début d’année prochaine », pense l’économiste. Car les matières premières agricoles resteront des valeurs sûres, portées par des fondamentaux haussiers.

2009, l’année du maïs

En maïs, la reprise devrait être encore plus forte qu’en blé. « 2009 sera l’année du maïs, affirme Dan Basse. Les stocks seront déraisonnablement faibles et représenteront moins de 40 jours de consommation mondiale ». Les besoins mondiaux devraient continuer à grossir. Pour le spécialiste, l’élection de Barack Obama à la présidence américaine garantit l’avenir des biocarburants, même s’il s’agit d’une politique coûteuse pour un Etat qui doit faire face à une crise économique importante. Et du côté des débouchés alimentaires, l’histoire récente ne laisse pas pressentir un ralentissement de la demande. A la fin des années 90, l’Asie a continué à importer de la viande malgré la crise monétaire, comme en témoigne l’évolution des exportations de viande des Etats-Unis vers le continent (Chine, Inde, Corée du sud et Taïwan). « A destination du Japon, elles ont même augmenté », remarque Dan Basse. « Tout le monde veut manger comme un Européen », rappelle-t-il. Compte tenu de tous ces facteurs, le professionnel envisage le doublement du prix du boisseau de maïs américain d’ici un an. « La tendance haussière du marché devrait reprendre fin mars », précise-t-il. Ne reste donc qu’à attendre.