La loi de modernisation de l’économie, qui doit façonner le visage des prochaines années, peut-elle être le symbole de l’ère nouvelle annoncée il y un an lors de l’élection de Nicolas Sarkozy ? Encore faudrait-il qu’elle contribue à redonner du pouvoir d’achat aux Français par une baisse des prix dans la distribution. Cette attente, trop fortement nourrie pendant des mois, risque d’être déçue en proportion. Les distributeurs, qui l’ont entretenue, annoncent, comme M-E. Leclerc, une division par deux du taux d’inflation des prix alimentaires ou, plus modestement, selon Jérôme Bédier, une baisse moyenne de deux points. Mais les industriels répliquent, par la voix du président de l’Ania, que la LME n’apportera rien sur le front des prix alors que déjà la toute jeune loi Chatel aurait à elle seule permis aux distributeurs de pratiquer des baisses de 20 à 30 % !

En revanche la négociabilité sans contreparties tangibles et vérifiables aura de graves conséquences sur la survie du tissu industriel et sur des milliers d’emplois. Allant au-delà de tout ce qui avait été négocié entre les ministres en charge du dossier et la profession, le projet de loi suscite un front uni du refus qui pourrait faire descendre dans la rue paysans et industriels. Ce serait une première !

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Et en favorisant l’ouverture de petits supermarchés, le projet fait la part belle au hard discount, ce qui ne convient ni aux grandes marques ni aux spécialistes des MDD ou à l’ensemble des moyennes et petites entreprises de l’agroalimentaire. Pour le lobby consumériste, enfin, qui attendait plus de concurrence dans les zones de chalandise à travers une remise en cause des lois Royer et Raffarin, le maintien des CDEC ne promet guère la fin des oligopoles locaux.