Les délais de paiements des clients augmentent dans le secteur alimentaire, a indiqué le 3 décembre la Confédération générale du commerce inter-entreprises (CGI), au vu d’une enquête téléphonique parmi ses membres. La pratique des délais de paiements des clients était peu courante dans ce secteur avant la mise en place de la Loi de modernisation de l’économie (LME) en 2009.
Dans les transactions que le négoce réalise avec ses clients, c’est seulement dans le secteur alimentaire que les délais de paiements s’allongent. C’est du moins la perception qu’ont les négociants, parmi tous les secteurs qu’ils couvrent, révèle une enquête téléphonique menée par l’institut I + C. Didier Damerval, président d’I + C, a présenté cette enquête téléphonique réalisée auprès de 537 entreprises de négoce, dont 84 du secteur alimentaire.
Le secteur alimentaire se distingue dans les sondages
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Selon cette enquête, les délais de paiement ont diminué dans tous les secteurs entre 2009 et 2015 (construction notamment, et aussi pièces détachées et consommation courante), sauf dans l’alimentation, où ils ont augmenté, d’après une majorité de sondés. En effet, montre-t-elle, les sondés dans l’approvisionnement de la construction répondent à 55 % que ces délais sont en baisse et seulement et 9 % qu’ils sont en hausse. Dans l’approvisionnement de l’industrie et pièces détachées automobiles, ils répondent à 56 % que les délais sont en baisse et 12 % qu’ils sont en hausse. Dans les produits de consommation courante (papeterie, produits d’entretien notamment), 40 % répondent que ces délais sont en baisse et 15 % qu’ils sont en hausse. Le secteur alimentaire se distingue : ils répondent à 43 % que les délais sont en hausse et à 19 % seulement qu’ils sont en baisse.
Un phénomène qui n’existait pas avant la LME
« Depuis la mise en place de la LME en 2009, les cantines, restaurateurs et marchands forains ont pris l’habitude de demander des délais, certes moins longs que dans les autres secteurs, mais c’est un phénomène qui n’existait pas avant », a commenté Marc Hervouet, président de la CGI. La LME a encadré les délais de paiement, et ce faisant, elle a ouvert une faille dans laquelle se sont engouffrés les acheteurs.
Par ailleurs, l’enquête fait apparaître le sentiment, dans tous les secteurs, que les délais ont augmenté entre 2014 et 2015. Mais, là encore, le secteur alimentaire sort du lot : 36 % des entreprises sondées estiment que ces délais sont en hausse, contre 14 % dans les matériaux de construction, 20 % dans les pièces détachées, 29 % dans les produits de consommation courante.