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Les demandes spécifiques

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4 Producteurs de lait : l’avenir des quotas

C’est dans les années à venir que se joue l’avenir de l’OCM lait avec « en 2015, plus de quotas laitiers et en 2013, plus de financement ! » Les producteurs de lait entendent interpeller les candidats et le futur gouvernement français sur la défense de la maîtrise de la production laitière et le maintien des instruments de gestion des marchés. C’est pour faire passer ce message que la filière laitière (FNPL, Fnil et Fncl) a d’ores et déjà sensibilisé les parlementaires français qui vont signer, le 8 mars, une « lettre ouverte » de la « France : terre de lait ». Cette missive sera remise au commissaire européen Mariann Fischer Boel.

4 Grandes cultures : l’égalité des conditions de production et de concurrence

Les producteurs de grains (blé, maïs, et oléo-protéagineux) rassemblés dans Orama, attendent des prochains chef de l’État et du gouvernement de pouvoir accéder au même rythme que leurs concurrents aux nouveaux produits de protection des plantes et aux variétés de semences les plus innovantes. Ils appellent aussi à la création de réserves d’eau, comme en Espagne.

Sur les débouchés, ils souhaitent un relèvement des taux d’incorporation des biocarburants et un plan de développement de l’utilisation de biomatériaux ainsi qu’une accélération du programme de production d’électricité et de chaleur à partir de paille. Ils demandent une modernisation du fret fluvial et surtout ferroviaire.

Sur la gestion des risques, ils tiennent au maintien du système de l’intervention, et demandent que pour les oléagineux un mécanisme d’assurance chiffre d’affaires soit instauré comme en Amérique du Nord. Ils poussent également à une accélération de la mise en œuvre de l’assurance-récolte.

4 Producteurs de légumes : d’abord alléger les charges de main d’œuvre

Ce qui ressort du secteur des légumes, c’est l’attente de mesures spécifiques pour des productions périssables et aléatoires. « Nous attendons que le prochain gouvernement muscle sensiblement l’épargne de précaution » des exploitations, indique Bruno Scherrer, directeur de la FNPL. Ce dispositif ne demanderait pas d’argent public, hormis son régime fiscal allégé, les exploitations constituant elles-mêmes leur matelas de précaution. Ceci s’accompagnerait d’un dispositif de gestion des crises.

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Sur le plan général, l’organisation appelle de ses vœux l’instauration d’un nouveau mode de financement de la protection sociale : que les charges ne pèsent plus sur le travail mais sur la TVA, car le maraîchage est un fort employeur de main d’œuvre. Elle plaide aussi pour une préférence communautaire basée sur l’équité des conditions de production sanitaires, sociales et environnementales.

4 Fruits : mise en œuvre du plan arboricole

À la FNPF, on aimerait « faire autre chose que passer son temps à se battre pour obtenir l’homologation » des produits de traitement qui sont autorisés dans les pays concurrents, indique Sandrine Morard, directrice de la fédération. Une mesure très attendue est la mise en œuvre du plan arboricole pour lequel Dominique de Villepin s’était engagé sur un plan de développement de 40 millions d’euros, rappelle-t-on à la FNPF. Sur le plan politique, la fédération des producteurs de fruits demande, comme la FNPL, une réforme du financement de la protection sociale. Par ailleurs elle demande une cohérence des politiques : entre vouloir des fruits pas chers, mais dans le même temps des fruits produits aux coûts français et avec des règles sanitaires et écologiques rigoureuses, il faut arbitrer.

4 Betteraviers : que la restructuration européenne soit plus incitative

Le nouveau président et son gouvernement doivent tout d’abord aider au succès de la réforme sucrière, affirme-t-on à la CGB (Confédération des planteurs de betteraves). Pour cela, il faut que l’on utilise tous les débouchés possibles, y compris toute la capacité d’exportation autorisée à l’Union européenne. En outre, il faut veiller à ce que le plan de restructuration européen devienne plus attractif. Il doit inciter efficacement à la restructuration dans les pays les moins compétitifs.

4 Semenciers : « supprimer les distorsions de concurrence »

« Nous avons quelques dossiers récurrents qui n’avancent pas ». Philippe Gracien, le directeur général du GNIS (groupement national interprofessionnel des semences et plants) a trois requêtes majeures à l’attention du futur gouvernement. Tout d’abord, supprimer les distorsions de concurrence entre la France et les autres pays en matière de traitement de semences. Les professionnels français dénoncent les freins à l’homologation dans l’hexagone. Le second cheval de bataille du Gnis concerne la protection de l’innovation. Le Gnis déplore le fait que la France n’ait toujours pas transposé en droit français la convention UPOV de 1991 qui vise à éloigner le risque que l’introducteur d’un gène breveté dans une variété végétale puisse avoir un droit de propriété total sur la nouvelle variété obtenue. « Le blocage de ce dossier ne permet pas de faire avancer le sujet des semences de fermes en France», regrette Philippe Gracien. Le Gnis aimerait enfin que les pouvoirs publics « fassent leur devoir » en transposant les textes européens sur les OGM, pour lesquels un retard de plusieurs années est enregistré.

4 Agrochimie : « une réglementation claire et basée sur des évaluations scientifiques »

« Etre rassuré ». Voilà ce à quoi aspire l’Union des industries de la protection des plantes (UIPP). « Il est unanimement admis que la production agricole mondiale va doubler dans les 10 à 15 années à venir pour répondre à la demande alimentaire et non-alimentaire. On demande aux candidats de nous assurer que la France et l’agriculture et l’agroalimentaire français tiendront leur juste place », indique Jean-Charles Bocquet, le directeur général de l’UIPP. « Or, on ne voit pas encore d’affichage clair de leur part », regrette-t-il. Sur le dossier « phytosanitaires », l’UIPP demande une réglementation « claire, prévisible, efficace et basée sur des évaluations scientifiques ». Les professionnels appellent à davantage de cohérence entre les approches nationales et européennes, et demandent que les actions collectives et respectueuses de l’environnement soient encouragées : à titre d’exemple, l’exonération de redevances pour les agriculteurs engagés dans des programmes de collecte des emballages usagés (Adivalor) ou dans des dispositifs de formation. En matière d’OGM, l’UIPP veut que le futur gouvernement ait « une vision claire » sur l’avenir des biotechnologies, et permette la poursuite de la recherche et de leur développement.