Les députés européens de la commission de l'agriculture soutiennent la nouvelle stratégie européenne pour les forêts, mais estiment qu'elle ne doit pas imposer de contraintes administratives trop importantes à la filière bois. Ils s'opposent notamment à ce que soit imposée une hiérarchisation des usages du bois qui risquerait limiter la production d'énergie à partir de biomasse.
La commission de l'agriculture du Parlement européen a adopté (par 34 voix, contre cinq et quatre abstentions) le 24 mars un rapport d'initiative soutenant la nouvelle stratégie européenne pour les forêts lancée en septembre 2013 par la Commission européenne (1). Pour les eurodéputés, cette nouvelle stratégie doit se concentrer sur la gestion durable des forêts, promouvoir l'utilisation efficace de leurs produit, accroître la compétitivité de l'industrie du bois, afin d'augmenter l'emploi dans le secteur.
« Nous devons aussi nous assurer que la mise en pratique de la nouvelle stratégie n'ajoutera pas de contraintes pour les propriétaires forestiers et le secteur dans son ensemble ». A cet égard, les critères de durabilité devraient prendre en considération l'hétérogénéité des forêts européennes. Ainsi, les députés agricoles européens se disent opposés à la mise en place de règles juridiquement contraignantes pour prioriser les utilisations du bois – principe de l'utilisation en cascade (2) – car cela pourrait restreindre le marché de l'énergie et le développement de nouvelles utilisations de la biomasse. Mais les parlementaires soulignent quand même que la priorité dans le cadre de la production d'énergie devrait être accordée au bois d'origine locale afin de minimiser l'empreinte carbone.
Enfin, dans son rapport, la commission de l'agriculture souligne que la mise en place de mesures concrètes doit rester sous le contrôle des réglementations nationales. Une position que défendent également les ministres de l'agriculture de l'UE qui ont adopté en mai 2014 des conclusions (3), dans lesquelles ils ont tenu à préciser que la stratégie européenne ne devait pas remettre en cause le principe de subsidiarité et la compétence des États membres dans le domaine forestier.
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(1) Voir n° 3415 du 30/09/2013
(2) Voir n° 3424 du 02/12/2013
(3) Voir n° 3449 du 26/05/2014