Les coopératives de déshydratation « veulent écraser leurs charges fixes », selon le Syndicat national des déshydrateurs de France (SNDF). Elles cherchent donc, suivant leurs capacités, à innover, rationaliser leurs outils de production ou se diversifier. La coopérative de Bagneux-les-Juifs en Côte-d’Or se penche, elle, sur la cogénération pendant que d’autres fusionnent.
Rationalisation, diversification et innovation semblent être aujourd’hui les maîtres-mots des coopératives de déshydratation. « De plus en plus, elles cherchent à écraser leurs charges fixes pour pérénniser leur activité », a expliqué le 8 juin, Eric Guillemot, le directeur du Syndicat national des déshydrateurs de France (SNDF) lors d’un déplacement en Côte-d’Or. Exemple d’innovation récente, Euroluz dans les Ardennes, troisième coopérative française de déshydratation avec 19 millions d’euros de chiffre d’affaires et 145 000 tonnes de luzerne déshydratée produites, a mis en place un nouveau système de déshydratation par voie humide. « Ce système innovant permet de réaliser des économies d’échelle très substantielles», explique Eric Guillemot. Mais quand on ne s’appelle pas Euroluz, les coopératives de taille plus modeste s’orientent vers d’autres choix pour « écraser les charges fixes ». En témoigne la fusion de trois coopératives de l’Aube. La coopérative de déshydratation de Marigny-le-Chatel, celle d’Assencières et la section déshydratation de Nourricia ont décidé de s’unir pour rationaliser leurs outils de production. Le nouvel ensemble, baptisé Capdéa, devrait se placer, selon le SNDF, en 4e position des coopératives françaises de déshydration avec 105 000 tonnes produites et 14 millions d’euros de chiffre d’affaires, derrière Alfaluz (33 millions d’euros de CA et 250 000 tonnes produites), APM Deshy (avec Sativa) (23 millions de CA et 170 000 tonnes) et Euroluz.
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La cogénération avec Véolia
D’autres coopératives, encore plus modestes et parfois isolées géographiquement, choisissent des voies de diversification, toujours dans un souci de maîtrise des charges. A Bagneux-les-Juifs en Côte-d’Or, la coopérative de déshydratation de la Haute-Seine (11 000 tonnes de luzerne déshydratée et près de 3 millions d’euros de CA) déborde de projets. Elle ne réalise aujourd’hui plus que 56 % de son activité sur la déshydratation de la luzerne. En 2005, 4 200 tonnes de maïs déshydraté sont déjà sorties de l’usine et près de 2 300 tonnes de son de moutarde. « L’augmentation des charges comme le carburant nous pousse à trouver d’autres activités pour limiter nos coûts », explique Dominique Garnaud, le directeur de la coopérative de la Haute-Seine. Pour s’affranchir du coût du carburant, la coopérative déshydrate maintenant les cultures avec de la sciure de bois et prochainement peut-être à partir d’un roseau de Chine, baptisé Miscanthus. Dans ses projets immédiats figure la production de granulés de bois à partir de sciure. Mais à plus long terme, la coopérative veut s’engager dans la cogénération (production à la fois de chaleur et d’électricité). « Nous allons déposer d’ici la fin de l’année un dossier en collaboration avec Véolia pour nous permettre de produire de l’électricité à partir de biomasse », explique Dominique Garaud. 35 millions d’euros pourraient être investis dans ce projet, répondant à l’appel d’offre national récent du gouvernement. 120 000 tonnes de biomasse seraient utilisées pour produire 9 MWatt d’électricité. La chaleur produite servirait au processus de déshydratation de l’usine. Mais la coopérative de Haute-Seine risque de devoir patienter encore. Si le projet est retenu, l’unité de production ne verra le jour que d’ici 3 ans.