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Conférence sur le climat Les difficiles négociations de Copenhague

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À quelques heures de la fin des négociations sur le climat de Copenhague, les 193 États participants n’étaient pas parvenus à un accord. Ils en étaient même très loin. Sur le montant de l’aide aux pays en développement, un consensus semblait avoir était trouvé avec une aide annuelle de 100 milliards de dollars en 2020. Par contre, concernant un objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre, les négociateurs avaient encore un lourd travail à mener.

La conclusion d’un accord complet, chiffré et budgété impliquant tous les pays dans la lutte contre le réchauffement climatique semblerait très compromis à l’heure où nous bouclions ces pages. À moins d’un accord minimal en une page qu’il faudrait alors compléter par la suite. De nombreux points sensibles restaient encore à discuter jeudi 17 décembre au soir, même si la présence de 120 chefs d’Etat dans la capitale danoise devait accélérer les discussions. Nicolas Sarkozy, arrivé le 17 décembre à Copenhague, s’est refusé à envisager un échec qui serait « catastrophique pour chacun d’entre nous ». « Tous, nous aurions des comptes à rendre devant l’opinion publique mondiale et devant nos opinions publiques », a prévenu le président de la République lors d’une conférence de presse.

10 milliards de dollars par an dès 2010
Signe que les négociations étaient houleuses à quelques jours de la fin des négociations, la présidente de la conférence sur le climat, Connie Hedegaard, a démissionné mercredi 16 décembre. Vivement critiquée pour son mode de gestion des travaux, notamment par les pays en développement, Connie Hedegaard, ministre danoise du Climat, a laissé sa place au Premier ministre danois Lars Loekke Rasmussen, tout en restant chargée des consultations informelles pour boucler un accord.
Au stade des discussions à l’heure où nous mettions sous presse, le seul consensus qui semblait émerger concernait l’aide aux pays en développement. Un soutien immédiat de 10 milliards de dollars par an sur trois ans dès 2010 pour aider les pays les plus démunis à faire face aux impacts du réchauffement était déjà acquis. Cette aide rapide dite « fast-start » sera orientée vers les pays ayant des forêts tropicales. A plus long terme, c’est un soutien à hauteur de 100 milliards de dollars par an en 2020 (avec une montée en puissance à partir de 2013), auquel les Etats-Unis ont annoncé leur volonté de contribuer dans le cadre d’un accord global, qui se dessinait. En contrepartie, les États-Unis réclament la transparence des actions de réduction des émissions de gaz à effet de serre dans les pays aidés (en Chine notamment).

Quels modes de financement ?
Deux autres points cruciaux étaient toujours en débat : les engagements de diminution des émissions de gaz à effet (GES) de serre des pays industrialisés et le mode de financement de l’adaptation au réchauffement climatique des pays en développement. Sur la diminution des émissions : selon le scénario établi par le GIEC (Groupe intergouvernemental sur l’évolution du climat), pour que l’augmentation des températures se limite à 2°C, il faudrait que les pays développés réduisent de 25 à 40% leurs émissions de GES entre 1990 et 2020 et que, durant la même période, les pays en développement infléchissent la trajectoire croissante de leurs émissions. Les négociateurs étaient encore loin du compte puisque l’Union européenne avait proposé un objectif de réduction de ses émissions de 20% d’ici 2020, par rapport à 1990 tout en se disant prête à aller jusqu’à 30% si les autres pays industrialisés la suivaient. Les États-Unis qui n’ont pas ratifié le protocole de Kyoto ne proposaient qu’une baisse de 4% par rapport à leur niveau d’émission de 1990. Pour Greenpeace, le texte sur la table de négociation conduirait à une augmentation de 3°C des températures mondiales. Quant au mode de financement, certains suggéraient une taxation sur les transactions financières, les transports maritimes ou aériens. Le marché de quotas de CO2 est aussi une possibilité. Mais aucun consensus ne s’était encore dégagé à quelques heures de la clôture des négociations. Pourtant la communauté internationale a jusqu’à la fin de l’année 2009 pour trouver un accord qui prenne la suite du protocole de Kyoto qui arrive à échéance en 2012.

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