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Budget 2014-2020 Les dirigeants agricoles se mobilisent avant le sommet européen

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Les dirigeants agricoles des Vingt-sept tiendront une réunion extraordinaire le 6 février à Bruxelles pour réclamer un « budget fort » pour la Pac, à la veille du sommet européen des 7 et 8 février consacré au cadre financier de l’UE pour la période 2014-2020. La négociation des chefs d’Etat et de gouvernement s’annonce d’autant plus difficile que le premier ministre britannique vient de durcir sa position sur les conditions de l’appartenance du Royaume-Uni à l’Union.

Les présidences du Comité des organisations professionnelles agricoles (Copa) et de la Confédération générale de la coopération agricole (Cogeca) de l’UE tiendront le 6 février, à la veille de la reprise des négociations au sommet sur le budget de l’Union pour 2014-2020, une réunion extraordinaire élargie à laquelle sont attendus quelque 400 participants. Des actions coordonnées devraient se dérouler parallèlement dans les États membres.
Pour souligner l’importance d’une décision rapide sur le cadre financier pluriannuel et d’une enveloppe suffisante pour la Pac, le Copa et le Cogeca vont notamment adresser une lettre aux chefs d’Etat et de gouvernement (1) et publier une brochure intitulée Pourquoi la politique agricole commune a-t-elle besoin d’un budget fort ? Que permet-il ?

Les propositions « inacceptables » du président du Conseil européen

Le prochain budget de l’UE pour les sept prochaines années « sera un budget de modération », a prévenu le 22 janvier le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy. « Il doit être axé sur l’emploi et la croissance dans toutes les régions de toute l’Union, dans les différents secteurs économiques, ainsi que sur la recherche et l’investissement. Et dans le même temps, assurer que notre Union puisse continuer à mener les actions que nos citoyens attendent ».
La proposition de la Commission de Bruxelles pour 2014-2020 « est déjà synonyme d’une coupe à hauteur de 10 % du budget de la Pac, et les précédentes propositions du président du Conseil européen auraient eu pour conséquence une baisse considérable des paiements directs, allant jusqu’à 30 % dans certains pays », ce qui est « inacceptable », a souligné le même jour le secrétaire général du Copa-Cogeca, Pekka Pesonen.
« Les dépenses agricoles représentent moins de 1 % des dépenses publiques de l’UE », et, « sans la Pac, il y aurait 27 politiques agricoles distinctes dans 27 Etats membres, ce qui coûterait aux gouvernements bien plus que la Pac », a-t-il ajouté.

« Aucun État membre ne peut voir tous ses vœux exaucés »

Herman Van Rompuy a également déclaré que, « pour se mettre d’accord sur le budget, nous devons tous – et j’insiste sur le mot ‘tous’ – faire des compromis ». « Aucun État membre ne peut voir tous ses vœux exaucés – comme dans les discussions budgétaires nationales au sein des coalitions », a-t-il dit. Le lendemain, le Premier ministre britannique, David Cameron, s’engageait, sous la pression des eurosceptiques, à organiser d’ici la fin de 2017 un référendum sur le maintien du Royaume-Uni dans une UE préalablement réformée selon ses souhaits.
« L’Europe, elle doit se prendre telle qu’elle est. On peut la faire évoluer demain, mais on ne peut pas l’abaisser, la diminuer, sous prétexte de proposer d’y rester », a réagi le jour même le président français François Hollande. D’apparence plus conciliante, la chancelière allemande Angela Merkel s’est dite « prête à discuter des souhaits britanniques », mais en insistant sur la nécessité « in fine d’un compromis équilibré ».

France-Allemagne : un budget agricole « à la hauteur de nos ambitions »

« Conscients de son rôle dans la réconciliation franco-allemande et la construction européenne et de la nécessité d’une politique agricole renouvelée afin de mieux répondre aux attentes de la société européenne, nous allons coordonner nos positions sur la réforme de la politique agricole commune afin de permettre à l’Union européenne de participer aux équilibres alimentaires mondiaux, d’améliorer la croissance et l’emploi et de préserver l’environnement et les paysages dans les territoires ruraux » : tel est l’engagement pris par les gouvernements français et allemand dans une déclaration du conseil des ministres conjoint publiée le 22 janvier à Berlin à l’occasion du 50e anniversaire du traité de l’Élysée. « Conscients de l’importance de l’enjeu, un budget européen qui consacre à la politique agricole commune des moyens à la hauteur de nos ambitions est indispensable », souligne également la déclaration.
« Nous allons travailler pour harmoniser nos positions » sur la réforme de la Pac, avait déclaré la veille le ministre français de l’agriculture, Stéphane Le Foll, à l’issue d’une rencontre à Berlin avec son homologue allemande, Ilse Aigner. Parmi les points de divergence entre les deux pays, il avait notamment évoqué la question du verdissement « sur laquelle on va travailler pour se mettre d’accord ».
Ces sujets seront débattus « dès que les perspectives financières auront été choisies » par les chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE, avait ajouté Stéphane Le Foll.

(1) Voir n° 3382 du 21/01/13

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