Plus de 200 des principaux dirigeants de Sodexo et les cadres de direction de Newrest réduisent leurs revenus professionnels pour aider les salariés privés de leur emploi. La démarche est encouragée par l’État.
Alors que de grands groupes de l’industrie et des services annoncent une réduction ou une suppression des dividendes versés aux actionnaires, Sodexo a quant à lui opté sur une réduction des plus hauts salaires de l’entreprise pour financer un fonds destiné à ses salariés privés de leur emploi. Ce « programme mondial de soutien aux salariés » se concrétisera par des actions « en fonction de différents critères, et en priorité l’existence ou non de programmes gouvernementaux de protection sociale », explique Sodexo. Le groupe emploie 47 000 salariés dans le monde.
Ce programme est doté d’un budget de 30 millions d’euros financés par les contributions des principaux dirigeants de Sodexo prélevées sur les rémunérations à venir. Ainsi, Sophie Bellon, présidente du conseil d’administration, renonce à 50 % de sa rémunération pour les six prochains mois (elle ne bénéficie pas d’une rémunération variable), tandis que Denis Machuel, le DG, renonce à 50 % de son salaire fixe sur les six prochains mois ainsi qu’à sa rémunération variable pour l’exercice 2019-2020. Les membres du comité exécutif renoncent à 10 % de leur salaire fixe sur les six prochains mois, ainsi qu’à leur rémunération variable annuelle. Et « les 200 principaux dirigeants, répartis sur l’ensemble des géographies et segments et activités, renoncent également à leur rémunération variable annuelle pour alimenter le programme. »
Les cadres de Newrest réduisent leur salaire de 2019
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Newrest vient de prendre une décision similaire le 7 avril. "L’ensemble des cadres du groupe assurant des fonctions de direction réduit sa rémunération annuelle de 30 % dès à présent", annonce le groupe de restauration collective toulousain qui "s’engage selon l’ampleur de la crise à aller au-delà si nécessaire." Comme Sodexo, le but de la démarche est d’abonder un fonds pour assurer des rémunérations aux salariés des pays n’ayant pas de système de compensation. Newrest négocie actuellement des accords dans ces pays. Par exemple, les collaborateurs de Newrest les plus exposés en Afrique et en Amérique latine pourront toucher entre 30 et 50 % de leur salaire d’avril.
Newrest affirme subir une perte de près de 90 % de son chiffre d’affaires d’avril. "À ce jour, plus de 30 000 collaborateurs (sont) sans activité dans 48 pays, dont plus de 5 500 en France." Au total, l’entreprise emploie 35 000 salariés dans 58 pays.
La démarche de Sodexo et de Newrest rejoint les souhaits du gouvernement qui appelle de ses vœux des actions sur la rémunération des actionnaires ou des dirigeants. Bruno Le Maire, ministre de l’Economie, a ainsi souhaité que « les dirigeants fassent un effort » dans la mesure où « les salariés du privé en activité partielle ne touchent que 84 % de leur rémunération nette ». Il a aussi indiqué qu' « aucune des grandes entreprises qui font appel à l’État pour leur trésorerie ne devra verser de dividende » et invité les autres grandes entreprises « à diminuer d’au moins un tiers le versement des dividendes en 2020 ». Plusieurs grandes entreprises cotées ont déjà annoncé qu’elles ne verseraient pas de dividendes, comme Auchan Holdings, Autogrill ou Stef notamment.