La France assiste depuis plus de cinq ans à une baisse importante de la consommation de viandes et de volailles. Les discours diététiques actuels seraient les principaux responsables auprès des ménages. C’est en tout cas ce que montre une étude réalisée par l’Ofival, dévoilée le 14 avril.
Quelque 15 % de baisse entre 1999 et 2004. C’est le constat préoccupant de l’office des viandes (Ofival) concernant l’évolution de la consommation des ménages en France pour les viandes et volailles. La raison principale de ce recul semble provenir essentiellement des discours diététiques ambiants, comme le montre l’étude réalisée par l’institut CSA pour l’Ofival et dévoilée le 14 avril.
Des connaissances nutritionnelles limitées
En effet, contrairement à ce que l’on aurait pu penser, seules 12 % des personnes interrogées ont diminué leur consommation de viandes à cause des crises alimentaires. Les ménages français ont en réalité de très mauvaises connaissances sur les qualités nutritionnelles des viandes. Plus de la moitié des personnes interrogées pensent (à tort !) qu’il y a plus de protéines dans les légumes verts que dans la viande ! Les consommateurs craignent les excès de viandes rouges pour la santé et préfèrent se rabattre sur les volailles qu’ils qualifient « de moins grasses et plus saines ». Beaucoup de Français semblent voir dans la viande de bœuf une source de futurs problèmes cardio-vasculaires, favorisant l’obésité et l’apparition de cholestérol.
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Le « tout prêt » également en cause
Le développement des produits élaborés fait également fait chuter la consommation de viandes fraîches. Ils ont en effet enregistré un bond de 20 % dans les achats des ménages entre 2001 et 2004. Mais en proportion, ils ne contiennent qu’une part réduite de produits carnés, ne suffisant pas à compenser la baisse générale des viandes. L’étude révèle que le « tout prêt » n’est plus aujourd’hui le seul apanage des 18-34 ans. Les ménages français sont désormais, dans leur majorité, des utilisateurs réguliers des produits élaborés. 13 % seulement des acheteurs n’ont jamais recours à la restauration rapide au domicile. Face à ces constats, Yves Berger, le directeur de l’Ofival, appelle à « l’union » des professionnels de la viande et de la volaille. « Il faut avoir un esprit collectif et sortir des discours scientifiques et médicalisés », estime-t-il. Selon lui, il faut communiquer sur des aspects positifs (teneur en vitamines, minéraux…) pour faire évoluer les habitudes des consommateurs. Ceux-ci semblent trop souvent focalisés par les taux de matière grasse sur les étiquettes.