Abonné

Peste porcine Les discussions sur la levée de l'embargo russe au point mort

- - 4 min

Dans le contexte de tensions entre l'UE et la Russie autour de la crise ukrainienne, les discussions entre Bruxelles et Moscou pour faire lever l'embargo russe sur la viande de porc européenne n'avancent pas. La Commission européenne va cofinancer des mesures d'aides aux éleveurs affectés par des pertes de revenus dans les zones réglementées, en Pologne principalement.

LA rencontre, le 14 mars à Madrid, entre la directrice de la Direction générale à la santé de la Commission européenne, Paola Testori Coggi, et son homologue russe, Sergueï Dankvert, n'a pas permis la levée de l'embargo imposé par Moscou sur les importations de viande de porc en provenance de l'UE (1). Selon Bruxelles, les pourparlers doivent donc se poursuivre sur « la définition d'un certificat » d'exportation. Des discussions au niveau scientifique vont avoir lieu dans les prochaines semaines afin de trouver la « meilleure approche pour la mise en place de la régionalisation et le contrôle de la propagation de la maladie chez les sangliers». Mais, malgré ces travaux techniques, les autorités russes ne sont pas pressées de débloquer la situation dans le contexte de tensions autour de la crise en Ukraine. Surtout que l'Union européenne a adopté, le 17 mars, des sanctions contre 21 personnalités russes et ukrainiennes jugées responsables de l'annexion de la Crimée par la Russie, sous la forme de restrictions de visas et de gels d'avoirs (2). Dans un rapport, publié le 7 mars, sur les moyens les plus efficaces pour lutter contre la progression de la maladie dans les populations de sangliers sauvages, l'Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) estime que les campagnes de chasse intensive ou de piégeage ne réduisent pas les risques. Seule mesure qui pourrait limiter les mouvements de ces animaux : la pose de clôtures. Mais pour que ce dispositif apporte des résultats, il faudrait dans un premier temps connaître la distribution des populations de sangliers afin de disposer ces clôtures aux bons endroits.

Compensations pour les producteurs des zones règlementées

Lors de la réunion avec le Premier ministre Donald Tusk le 14 mars à Varsovie, le commissaire européen à l'agriculture Dacian Ciolos a réaffirmé que la Commission était disposée à cofinancer des mesures d'urgence pour compenser les pertes des producteurs de viande de porc polonais des régions touchées par les restrictions liées à la découverte de cas de fièvre porcine africaine (3). La crise a en effet eu un impact très négatif sur les revenus agricoles de ces éleveurs. Le plan proposé par la Pologne a reçu le feu vert des Etats membres le 20 mars en comité de gestion. Il sera rétroactif pour couvrir les animaux abattus depuis que les restrictions ont été introduites le 26 février. L'aide sera basée sur la différence de prix à l'abattage entre la zone réglementée et le reste du pays au cours des dernières semaines. Des tests vétérinaires ont montré que les porcs provenant des zones réglementées n'ont pas été infectés par le virus et que la viande est parfaitement sûre. Ce qui n'a pas empêché une perte de confiance des consommateurs.

3,5 M€ débloqués par Bruxelles pour lutter contre la propagation de la maladie

Les États membres de l'UE ont approuvé, le 19 mars en comité permanent, l'attribution de 3,5 millions € de financement de l'UE pour l'Estonie, la Lettonie, la Lituanie et la Pologne afin de prévenir la propagation de la peste porcine africaine découverte chez des sangliers en Lituanie et en Pologne à la frontière à la frontière avec la Biélorussie. Le dispositif prévoit : une aide pour la surveillance, la biosécurité (nettoyage et désinfection aux frontières), des campagnes ciblées de sensibilisation et l'indemnisation des éleveurs pour l'abattage préventif des animaux dans les zones à risque. Les experts nationaux ont également donné leur feu vert aux nouvelles règles de « régionalisation » qui différencient les niveaux de risque liés à la peste porcine africaine dans l'UE : maintien de la zone à haut risque en Sardaigne où le virus est endémique chez les porcs et les sanglier; délimitation des zones infectées en Pologne et Lituanie avec la création d'une zone tampon autour de ces régions.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Commission européenne
Suivi
Suivre

(1) Voir n° 3438 du 10/03/2014

(2) Voir même numéro

(3) Voir n° 3439 du 17/03/2014