Depuis un an, les principaux distributeurs britanniques se sont lancés dans le « factory gate pricing ». Une nouvelle initiative qui devrait révolutionner durablement leur chaîne logistique d’approvisionnement.
Pour la presse professionnelle britannique, le factory gate pricing (FGP) est littéralement le sujet incontournable du moment. Et pour cause : ce nouveau concept risque bien de donner un coup de neuf à la chaîne d’approvisionnement alimentaire outre-Manche. Concrètement, le FGP recouvre la prise en charge par les distributeurs de l’acheminement des produits vers leurs dépôts, en excluant le prix du transport. En d’autres termes, il distingue le coût du transport de celui des marchandises. En soi, l’idée est une petite révolution : jusqu’à présent, les coûts de transport faisaient traditionnellement partie de la tarification du fournisseur qui prenait en charge le transport des marchandises.
Pour les distributeurs, le but de la manœuvre revient à revoir complètement leurs arrangements en matière de transport avec leurs fournisseurs, dans l’espoir de minimiser les coûts et de créer un nouveau modèle d’approvisionnement. Et pour convaincre les fournisseurs du bien-fondé de ce procédé, les gros distributeurs britanniques ont insisté sur la collaboration qu’implique le concept : « Dans le meilleur des cas, le fournisseur et le distributeur travaillent ensemble sur des aspects de la supply chain qui demandent à être revus et en ressortent avec une meilleure solution pour le transport des marchandises », explique Peter Davey, responsable en charge de la supply chain au sein de l’IGD, l’Institute of Grocery Distribution, organisme spécialisé dans la distribution agroalimentaire : « C’est dans ces circonstances que les meilleurs bénéfices ont pu être constatés ».
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Sueurs froides
Pour autant, il semblerait que les ébauches en matière de FGP aient donné quelques sueurs froides aux fournisseurs : « Certains ont dû réaliser des changements coûteux et d’autres ont réalisé des transformations qui ont rendu inefficace leur chaîne de distribution actuelle», commente Peter Davey. Autre difficulté : les distributeurs britanniques ont choisi de mettre en oeuvre des stratégies individuelles : « D’aucuns ont demandé à ce que les chargements soient présentés différemment, avec, à la clé, des commandes papier individuelles, et souvent des présentations sur des palettes séparées », commente Peter Davey. L’impréparation a alors semblé régner en maître. Un an après le début des travaux, les relations entre fournisseurs et distributeurs semblent cependant s’être considérablement radoucies, comme en témoigne le succès de certaines expériences. Premier à s’être lancé dans le FGP, le numéro un Tesco est sans doute l’un des grands gagnants de cette opération. Aujourd’hui, près de 30 % des caisses qui arrivent à son centre de distribution sont prises en charge par le distributeur. Pour atteindre ce résultat, Tesco a opté pour une mise en place du projet en plusieurs temps. « Nous avons d’abord commencé par les produits surgelés », indique Greg Sage, porte-parole du distributeur. « Nous avons poursuivi par les produits non frais, avant d’étendre depuis peu l’expérience aux produits frais ». Au total, 500 fournisseurs se seraient déjà engagés dans le processus. Sainsbury, Safeway et Asda ont également rejoint les rangs du FGP. D’autres devraient suivre. Signe que le FGP n’a pas fini de faire parler de lui.