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Machinisme Les distributeurs de machines agricoles confiants dans le moral de leurs clients

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Si les agriculteurs montent au créneau, notamment les éleveurs, les concessionnaires de machines agricoles trouvent que le moral de leurs clients est plutôt bon. Le Syndicat national des entreprises de service et distribution du machinisme agricole et des espaces vert (Sedima) a donné les résultats de son enquête annuelle.

Les distributeurs de machines agricoles jugent le moral de leurs clients bon à très bon, tous secteurs confondus (56% en grandes cultures, 53% en polyculture élevage et 58% en élevage), selon une récente enquête du Sedima, présentée le 25 juin. Cela s'explique par les bonnes prévisions de récoltes et la future loi Macron avec sa mesure de sur-amortissement à 140%, selon Raphaël Lucchesi, président du Sedima. En élevage, les résultats laissent plus perplexe du fait de la baisse des commandes, mais sont à mettre en lien avec la nécessité de réinvestir rapidement dans les années à venir. Plus globalement, la vente de matériel neuf subit une tendance baissière au profit du marché de l'occasion. Pour 64% des distributeurs, les commandes sont en baisse pour le matériel neuf. Pour 54% d'entre eux, les commandes sont également en baisse pour le matériel d'occasion. Les stocks de matériel sont donc importants aux dépens de la trésorerie des concessionnaires. Près de 53% des concessionnaires disent se trouver dans une situation de trésorerie difficile. Avec les difficultés financières, les agriculteurs ont plus tendance à entretenir leurs machines. L'activité des ateliers est donc plutôt en hausse.

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Par rapport aux autres secteurs que sont les grandes cultures et l'élevage, seules la viticulture et la viniculture ont une activité en hausse sur tous les plans : vente de matériels, notamment tracteurs et enjambeurs, vente de pièces détachées, et réparation en atelier. Cette dynamique de marché devrait perdurer du fait de fortes subventions dans le secteur. Cependant, « un effet coup de frein est à prévoir avec l'arrêt de ces subventions », analyse Raphaël Lucchesi. Le Sedima est également revenu sur les vols de tracteurs. « Aujourd'hui, les agriculteurs ne laissent plus leurs tracteurs au bout d'un champ avec la clef de contact dessus ! Au contraire, ils demandent à pouvoir les protéger du vol », explique Raphaël Lucchesi. La demande va à la mise en place d'un système de protection systématique, en passant même par la législation, comme en Grande-Bretagne. Selon Raphaël Lucchesi, à l'automne dernier les tracteurs partaient pour la Lituanie. En ce moment, il s'agit de la Roumanie. Des filières très structurées font des reconnaissances sur le terrain et le matériel est embarqué dans des camions. Arrivés dans le pays, un nouveau numéro de série est attribué ce qui implique que, parfois, il existe deux tracteurs avec un même numéro à deux endroits de l'Europe !