Tous les pays qui adhéreront à l'UE au 1 mai prochain ont communiqué à Bruxelles les noms des dix personnalités qu'ils ont choisies comme futurs commissaires européens. Le président de la Commission, Romano Prodi, peut maintenant se lancer dans les tractations visant à "jumeler" pour six mois les dix nouveaux membres du collège avec les vingt anciens, avant le renouvellement complet de l'exécutif européen prévu en novembre.
Pendant cette période intérimaire, les nouveaux commissaires auront le même droit de vote que les anciens sans disposer de portefeuille attitré. Le choix de ces dix personnalités doit être maintenant confirmé par les chefs d'Etat et de gouvernement des Quinze, lors du Sommet européen qui aura lieu les 25 et 26 mars prochains à Bruxelles. Les dix seront ensuite soumis à des auditions devant le Parlement européen pour vérifier leurs compétences. Les présidents des différentes commissions parlementaires, qui procéderont à ces "examens d'entrée" ont décidé d'avancer leur date aux 13 et 14 avril. Ils ont demandé par ailleurs à la Commission de lui faire connaître pour début mars au plus tard ses projets de "jumelages" entre anciens et nouveaux commissaires.
Les dix personnalités désignées
Chypre, Markos Kiprianu (ministre des Finances).
Estonie, Siim Kallas (ex-Premier ministre);
Hongrie, Peter Balazs (ambassadeur auprès de l'UE); Lituanie, Dalia Grybauskaite (ministre des finances); Lettonie, Sandra Kalniete (ministre des Affaires étrangères);
Malte, Joe Borg (ministre des Affaires européennes); Pologne, Danuta Huebner (ministre des Affaires européennes);
République tchèque, Milos Kuzvart (ex-ministre de l'Environnement).
Slovaquie, Jan Figel (ex-négociateur en chef avec l'UE); Slovénie, Janez Potocnik (ministre des Affaires européennes).
Pologne: Le système informatique SIGC à l'épreuve des tests
Le système informatique pour la gestion et le contrôle des aides de la Pac (SIGC) indispensable pour absorber les subventions communautaires en est maintenant "au stade des tests" en Pologne, a annoncé le président de l'agence gouvernementale chargée de sa mise sur pied (ARiMR), Wojciech Pomajda. La Commission européenne avait stigmatisé le retard pris par Varsovie dans ce domaine, dans son dernier rapport sur l'état de préparation de la Pologne à l'adhésion.
" Les premiers tests du système informatisé dont la conception a été confiée à l'américain Hewlett-Packard sont réalisés", a déclaré le président de l'ARiMR à la presse le 29 janvier. M. Pomajda a ajouté qu'un audit indépendant, commandé par le ministère des finances, serait lancé début février et devrait se conclure par la publication d'un rapport le 16 mars.
" Bien qu'il reste encore beaucoup de choses à faire, nous mettons les bouchées doubles et les agriculteurs polonais obtiendront les aides dès cette année", a assuré le président de l'agence polonaise.
L'ARiMR ne dispose toujours pas de siège pour abriter les serveurs qui se trouvent encore chez Hewlett-Packard. " Nous devons appliquer des solutions provisoires qui n'empêchent en rien le démarrage du système même. Un bâtiment qui abritera la centrale informatique du système sera construit dans l'avenir, sans que nous soyons pressés par le temps", a indiqué M. Pomajda.
Selon lui, quelque 600 000 agriculteurs ont déjà participé à des stages de formation au SIGC organisés par l'ARiMR.
L'agence devrait employer prochainement près de 7 000 chômeurs qui seront chargés de la saisie des données sur les exploitations dans le système SIGC.
Bratislava estime avoir comblé les lacunes agricoles relevées par Bruxelles
Les autorités slovaques ont affirmé fin janvier que leur pays avait résolu les problèmes relevés dans sa politique agricole, qui lui avaient valu trois feux rouges de la Commission européenne six mois avant l'adhésion à l'UE.
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Le ministre de l'Agriculture Zsolt Simon a souligné que, depuis le rapport de surveillance de la Commission en novembre, son gouvernement a mis en place son agence nationale de paiement des aides communautaires à l'agriculture (en décembre) ainsi que le système de gestion et de contrôle des aides de la Pac (SIGC), qui devait être opérationnel fin janvier.
La Slovaquie a également introduit dans sa législation plusieurs normes sanitaires de l'UE, a-t-il précisé.
Une partie des 1 150 entreprises de production alimentaires ne sont pas encore aux normes. Ceux qui ne seront pas réglementaires d'ici mars seront fermés, à l'exception de quelques établissements pour lesquels un régime de transition a été accordé.
La Commission européenne devrait publier son dernier rapport de surveillance en avril, quelques jours avant l'entrée de dix nouveaux pays dans l'Union le 1 er mai. La Commission ne peut pas empêcher un pays d'adhérer mais peut interdire le marché européen à des secteurs précis de la production s'ils ne respectent pas les normes européennes.
Six firmes alimentaires tchèques fermées après une inspection de l'UE
Les autorités vétérinaires tchèques ont fermé fin janvier six nouvelles entreprises alimentaires, après qu'une équipe d'inspecteurs de l'UE eut constaté qu'elles n'étaient pas conformes aux règles sanitaires européennes.
Quelque 500 entreprises alimentaires tchèques, en particulier dans la filière viande, avaient déjà été fermées au 1er janvier.
Les inspecteurs européens ont mis à l'index deux laiteries, deux établissements de traitement du gibier, un abattoir et un atelier de découpage de la viande sur une centaine d'entreprises visitées, a précisé le porte-parole de l'administration vétérinaire nationale (SVS) Josef Duben.
La Russie gagnante de la baisse des tarifs douaniers dès mai 2004
La Russie, qui a adressé à Bruxelles une longue liste de demandes de compensations liées l'adhésion de ses anciens satellites à l'UE, pourrait en réalité tirer des avantages commerciaux chiffrés à 300 millions d'euros de l'élargissement de l'Union, selon la Commission européenne.
Ce calcul a été effectué compte tenu de la baisse de 9% à 4% en moyenne des tarifs douaniers des pays d'Europe centrale et orientale, qui devront s'aligner sur le niveau communautaire.
Les Européens doivent examiner les demandes de Moscou lors de deux sessions de négociation prévues en mars et en avril.
La Russie n'étant pas encore membre de l'Organisation mondiale du commerce, l'UE n'a, à son égard, aucune obligation de négocier des compensations liées à l'élargissement. Bruxelles juge toutefois légitime certaines requêtes, telles que l'augmentation des quotas de ventes d'acier sur le marché européen pour tenir compte des achats actuels des pays adhérents auprès des sidérurgistes russes.
Par contre, il ne pourra être question d'abaisser les normes sanitaires et phytosanitaires de l'UE pour permettre à la Russie de continuer à vendre ses produits sur le marché européen élargi, selon des sources communautaires.
(HC)