Sur le loup comme sur la réforme de la Pac, Stéphane Le Foll semble en phase avec la Fédération nationale ovine (FNO), qui a tenu son congrès les 24 et 25 avril, en Arles.
LE loup, évidemment. C'est en interpellant le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll sur les dégâts causés par les prédateurs aux troupeaux que Serge Préveraud, président de la Fédération nationale ovine (FNO), a ouvert le congrès de son organisation, le 24 avril en Arles. « C'est un appel au secours que l'on vous lance, les éleveurs sont excédés », a-t-il rappelé. Tout en admettant que le ministre « semblait disposé à faire changer les choses », Serge Préveraud lui a demandé « des actes plus que des paroles ». Le ministre a admis que « pour le plan loup, les objectifs de prélèvement ne sont pas atteints », avec 7 loups abattus sur 24 prévu. Il a affirmé préparer une réunion avec la ministre de l'Ecologie, Ségolène Royal, sur le sujet. « Il faut que nous nous organisions différemment, que l'on soit capable de mieux protéger les éleveurs », a-t-il expliqué.
« Je préfère les éleveurs aux loups », a t-il lancé, rappelant toutefois que s'il était favorable à une renégociation de la convention de Berne et de la directive Habitat, qui protègent l'animal, il n'avait « pas la majorité pour ça au niveau européen ».
Une Pac favorable aux ovins
Autre sujet de discussion, la Pac pour 2015-2020. « La réforme est globalement favorable à l'élevage ovin », s'est réjouit Serge Préveraud. Mais certains points restent à décider. La dégressivité sur le versement des aides couplées à partir d'un certain nombre d'animaux, par exemple. La FNO « n'en voulait pas » et demande qu'elle soit « légère et acceptable ». Selon le ministre, elle sera « simple, permettra de concentrer les aides sur les petits troupeaux tout en étant compatible avec les grands enjeux de la filière ovine ». Selon nos informations, cette aide serait de 19 euros par animal à partir de 50, avec un nombre minimum d'agnelage. Une majoration de 3 euros serait versée pour les éleveurs engagés dans une contractualisation, et une prime de 6 euros serait donnée aux jeunes, aux démarches de qualité et aux élevages à productivité élevé. La dégressivité serait de 2 euros en moins au delà de 500 bêtes.
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Des décisions qui se font attendre
La fusion de la prime herbagère (PHAE) avec l'indemnité compensatoire de handicap naturel (ICHN) inquiète également les éleveurs ovins : ceux d'entre eux qui étaient éligibles à la PHAE mais qui ne sont pas en zone défavorisée craignent de perdre des soutiens. « Il n'y aura pas de perte liée à cette fusion, ce sera compensé avec des MAE », leur a assuré le ministre.
Encore sur la Pac, les éleveurs d'ovins ne savent toujours pas comment leurs surfaces agricoles « peu productives » seront primées. Pour les parcours et les landes, par exemple, un coefficient était envisagé pour minorer les aides directes. Mais l'option semble abandonnée par le ministre, qui se dit « favorable à ce qu'il n'y ait pas de pondération ». En revanche, « il faudra être clair sur la définition de ces surfaces » par rapport à la Commission européenne, a-t-il prévenu.
Stéphane Le Foll a rappelé son attachement à la diversité de l'agriculture française, une diversité dans laquelle « la production ovine doit prendre toute sa place ».