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Matières premières Les économistes en désaccord sur l’impact des biocarburants

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Ils changent la donne ou ils ne sont qu’un épiphénomène ? Les biocarburants posent des questions aux économistes, qui ne sont pas tous d’accord entre eux. Le débat organisé lors de l’assemblée générale de la CGB l’a montré une fois de plus.

«La responsabilité du développement des biocarburants dans la hausse des prix et la baisse des volumes est bien moindre que celle due à l’augmentation de la demande asiatique », a estimé Jacques Le Cacheux, directeur du département des études à l’Observatoire des conjonctures économiques, lors de l’assemblée générale de la CGB, le 4 décembre à Paris. Cette affirmation découle d’une étude réalisée conjointement avec l’Ifpri (institut de recherche international sur les politiques alimentaires) à l’aide de deux modèles, Ingénue et Mirage, sur la période 2007/2015. Le premier de ces outils prend en compte les perspectives démographiques et économiques des grandes régions du monde, pour caractériser la demande mondiale. Le second propose des scénarios détaillés d’évolution de la demande par produits et par pays.

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Davantage de libéralisation réduirait la production européenne

Cette même étude montre que « la hausse de la demande aura plus d’impacts sur certaines zones de production », a indiqué Jacques Le Cacheux. « L’Union européenne va en profiter relativement moins que les autres régions productrices comme le Brésil ou l’Australie », a -t-il poursuivi. Une libéralisation accrue de l’économie européenne amoindrirait encore la production de l’Union. Présent également à l’assemblée générale de la CGB, Loek Boonekamp, de l’OCDE, ne partage pas cette vision des choses. Pour lui, la croissance des besoins en Asie a démarré voici une dizaine d’année, sans provoquer de spectaculaires hausses de prix. Ce sont les biocarburants qui changent radicalement la donne. « L’augmentation des biocarburants va absorber des quantités très importantes de produits agricoles », prévoit-il pour l’avenir. Ce qui devrait amener un changement structurel des marchés agricoles, en créant une nouvelle demande, et en faisant grimper les prix.