Abonné

Bovins Les éleveurs attendent toujours le paiement des aides promises en 2008

- - 3 min

En difficulté depuis plus de deux ans, les éleveurs de bovins sont toujours dans l’attente de 20 à 30 millions d’euros promis par les pouvoirs publics en 2008. Pour soulager les trésoreries des exploitations, la FNB a demandé au ministère de l’Agriculture le paiement avancé des aides de la PAC pour 2009 et une année blanche sur certaines charges.

«Nous avons signifié au ministère notre exaspération face aux mesures d’aide d’urgence promises en 2008 qui ne sont toujours pas arrivées chez les éleveurs », a indiqué Pierre Chevalier, président de la Fédération nationale bovine (FNB), lors d’une conférence de presse le 26 août. Le syndicat évalue entre 20 et 30 millions d’euros les arriérés dus aux agriculteurs par les services de l’État. Après deux années de baisse des revenus (-29% en 2007 et -22% en 2008 selon la commission des comptes de l’agriculture), la FNB s’inquiète d’une nouvelle chute pour 2009 et des conséquences pour les trésoreries des exploitations. La direction de la FNB a donc rencontré, mardi 25 août, le chef de cabinet du ministre de l’Agriculture, Pascal Viné, pour lui faire part de son inquiétude. Les cours restent bas et les charges élevées, selon les éleveurs. A cela s’ajoutent les conséquences de l’épizootie de fièvre catarrhale ovine (FCO) qui est à l’origine d’un déficit de naissance de 250 000 veaux. Cette baisse de production devrait mécaniquement faire remonter les prix. Seulement, pour le moment, les éleveurs en manque de trésorerie vendent leurs vaches à la place des veaux et les cours restent bas. « Aujourd’hui il faut que le prix du Kg de carcasse remonte de 25% (environ 50 cts) pour que les éleveurs s’en sortent », a précisé Guy Hermouet, vice-président de la FNB.

Organiser l’offre
Devant la situation, l’association spécialisée de la FNSEA demande aux pouvoirs publics le paiement avancé des aides PAC pour 2009 à hauteur de 80% (le ministère assure ne pas pouvoir légalement aller au-delà de 70%), un report des annuités d’emprunt en fin d’année et une exonération de la taxe sur le foncier non bâti. Pour Pierre Chevalier, « ce sont des mesures simples, efficaces et peu coûteuses pour le gouvernement ». Au-delà de ces mesures d’urgences, le problème de fond reste le rapport de force avec les industriels et la grande distribution. La FNB a donc demandé au ministère de l’Agriculture de mettre en place un observatoire des prix et des marges sur la viande bovine. Parallèlement, la Fédération va essayer d’organiser l’offre au sein de « comités de filière ». L’objectif est de réunir l’offre et de proposer un seul interlocuteur aux acheteurs. « Ce n’est pas notre rôle, mais comme personne de prend l’initiative, nous le faisons », a souligné Pierre Chevalier.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.