Le 17 Sommet de l’élevage de Clermont-Ferrand a ouvert ses portes jeudi 2 octobre dans un contexte difficile pour l’élevage extensif européen. La hausse du prix de l’alimentation et l’épidémie de fièvre catarrhale ont plongé dans la crise un secteur déjà fragilisé par son manque de rentabilité. Les éleveurs français attendent un plan d’aide d’urgence dans les semaines à venir, mais ce sont surtout les négociations sur l’avenir de la Pac qui les inquiètent inquiètent.
Le Sommet de l’élevage de Clermont-Ferrand s’est ouvert jeudi 2 octobre dans une ambiance de tension pour la filière. D’une part, les éleveurs sont empêtrés dans une crise conjoncturelle principalement causée par l’épidémie de fièvre catarrhale ovine (FCO) et la hausse du coût de l’alimentation animale. La Fédération nationale bovine (FNB) a de nouveau demandé la mise en place d’un plan de sauvetage de l’élevage bovin, lors d’une conférence de presse qui s’est tenue mercredi 1 er octobre à Clermont-Ferrand, à la veille de l’ouverture du Sommet. Le président de la FNB, Pierre Chevalier, parle même « d’un Grenelle de l’élevage, pour répondre au désarroi actuel des éleveurs ». La FNB attend du gouvernement des mesures d’urgence comme l’allègement de charges sociales, de la taxe sur le foncier non bâti, le report d’annuités de paiement d’emprunt et de aides renforcées sur les animaux mort de la FCO. Pour y répondre, le ministère de l’Agriculture devrait proposer un plan d’action
Soutenir les bassins allaitants
Mais les professionnels savent que les solutions de fond à leurs problèmes ne pourront venir que d’une révision de la répartition des aides de la Pac. C’est pourquoi cette édition 2008 du Sommet s’est résolument tournée vers l’Europe. Le comité consultatif européen de l’élevage qui réunit professionnels et représentants de la Commission européenne s’y est exceptionnellement tenu jeudi 2 octobre. Et le colloque annuel organisé par Interbev (association nationale interprofessionnelle du bétail et des viandes) a fait le point sur « le nouveau contexte pour l’élevage bovin en Europe ». A cette occasion, Ismaël Hernandez, directeur de l’Asoprovac (association espagnole des producteurs de viande bovine), a insisté sur la nécessité d’un rééquilibrage des aides au profit de l’élevage sous peine de voir disparaître les bassins allaitants qui ont tout particulièrement des problèmes de rentabilité.
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Volonté politique
Même inquiétude chez Guy Hermouet, vice président de la FNB : « Dans les régions du centre de la France, les terres sont inconvertibles, on risque donc de voir disparaître l’agriculture car les jeunes ne veulent pas s’installer en élevage faute de rentabilité ». Pour la Confédération paysanne, « la balle est dans le camp de la France ». « Jusqu’en 2013 l’enveloppe budgétaire est définie et avec l’article 68, l’augmentation de la modulation obligatoire ou le découplage de la production pour laisser plus de pouvoir aux régions, le gouvernement possède tous les outils pour rééquilibrer les aides », explique Philippe Collin, secrétaire général du syndicat paysan. « Tout est question de volonté politique », a-t-il conclu lors d’une conférence de presse à la suite d’une réunion sur la production ovine.
Maintenir le couplage des aides
Mais c’est surtout la Pac d’après 2013 qui inquiète. Pour preuve, Michel Barnier s’est surtout attelé lors de la réunion informelle des ministres européens à Annecy à sauver la Pac contre ceux qui voudraient que seul le marché décide des productions agricoles. « Nous pensons au contraire qu’il faut coupler les soutiens à l’animal en s’orientant vers une aide de 240 euros par UGB (Unité de gros bétail) pour les vaches comme pour les brebis avec une bonification pour les systèmes en polyculture ou herbagers », développe Philippe Babaudou, chargé du dossier bovin à la Confédération paysane. C’était sensiblement le même message qu’ont voulu faire passer les 20 000 éleveurs du centre de la France qui ont manifesté dans les rues de Clermont-Ferrand le 16 septembre dernier. Aucune manifestation importante ne devait troubler le Sommet de l’élevage, mais la tension n’en restait pas moins présente.