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Elevage Bovin Les éleveurs de bovins prêts au découplage de 25 % de la PMTVA

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Pour la Fédération nationale bovine (FNB) le bilan de santé de la PAC doit permettre de réorienter le soutien de manière renforcée en direction de l’élevage allaitant. Pierre Chevalier, président de la FNB, a proposé, à l’occasion d’une conférence de presse le 21 janvier, que le découplage total des aides aux grandes cultures et à hauteur de 25% pour la prime au maintien des troupeaux de vaches allaitantes (PMTVA) serve à redistribuer les soutiens aux secteurs les plus en difficulté. Les éleveurs de bovins à viande, qui comptent parmi les plus faibles revenus en 2008, demandent donc une réorientation des aides renforcée en direction de leur secteur.

Ce qu’ils veulent et ce qu’ils proposent

La Fédération nationale bovine (FNB) a proposé, lors de la conférence de presse de présentation de l’assemblée générale de la FNB (qui se tiendra les 4 et 5 février à Strasbourg), le découplage total des aides aux grandes cultures et à hauteur de 25% de la PMTVA (prime au maintien des troupeaux de vaches allaitantes) afin de rééquilibrer les aides à l’agriculture entre les différentes filières. Selon l’article 64 du bilan de santé de la Pac, le découplage implique une réallocation des aides ainsi découplées. La Fédération demande donc un soutien renforcé aux exploitations d’élevage dans le cadre du premier pilier de la Pac pour aboutir à une revalorisation globale des aides actuelles à l’élevage de 150 à 200 euros par hectares de surfaces herbagères. La FNB était, jusqu’à présent, opposée à tout découplage des aides à l’élevage (PMTVA, primes à l’abattage des veaux et des gros bovins). « C’est donc un compromis que nous avons fait parvenir à la FNSEA et au ministère de l’Agriculture », a indiqué Pierre Chevalier. La FNB défend « le nécessaire maintien, sur l’ensemble du territoire, du couplage à 75%, au minimum, de la PMTVA » pour maintenir l’élevage dans l’ensemble des régions. L’organisation voudrait également la mise en place d’un soutien spécifique à la production de veau sous la mère au titre de l’article 68. Cet article permet le prélèvement jusqu’à 10% sur les aides découplées du 1 erpilier et d’utiliser cet argent en faveur de productions en difficulté. Enfin, la FNB souhaite le maintien de la prime herbagère agri-environnementale (PHAE), issue du second pilier de la PAC, pour la gestion extensive des prairies, qui peut-être désormais cofinancée par l’UE à hauteur de 75%.

Ce qu’ils refusent

La FNB, par la voix de son président, s’est dit « opposée à une stricte convergence des soutiens à l’hectare dans le cadre du bilan de santé de la Pac ». Selon lui, « la convergence des soutiens ne ferait qu’accentuer les inégalités entre élevage et grandes cultures ». Pour les éleveurs, la convergence demandée par les producteurs de grandes cultures consiste à tendre vers une moyenne des soutiens à l’ha. Or, les exploitations d’élevage sont généralement moins grandes que celles de grandes cultures. Dans ces conditions, Pierre Chevalier estime que ce sont ces plus grandes exploitations qui profiteront une fois encore des soutiens les plus importants. Il ajoute que « ce choix ne ferait qu’accentuer les différences de revenus entre agriculteurs ». « Aucun économiste ne prévoit de baisse du cours des productions végétales, s’il n’y a pas de rééquilibrage des soutiens au profit de la prairie, l’élevage va disparaître dans toutes les zones intermédiaires », s’inquiète-t-il.

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Leur situation

Après une diminution de 25% de leurs revenus en 2007, les éleveurs de bovins à viande ont connu une nouvelle baisse de 32% en 2008. Résultat : le revenu moyen par actif en 2008 s’est établi parmi les plus bas, à 10 600€, alors que la moyenne nationale agricole se situe à 23 600€. Les éleveurs ont subi l’effet combiné de la baisse de la consommation (-2% en 2008) et de la hausse des prix de l’aliment pour bétail.

Les perspectives

En 2009, les experts de l’Institut de l’élevage prévoient une situation proche de celle de 2008. La production pourrait progresser de 1%. Ce chiffre résulterait de la hausse des abattages de vaches issues des cheptels laitiers et allaitant et de la baisse de la production de jeunes bovins. Selon eux, une offre abondante au premier semestre pourrait tirer les prix vers le bas, puis dans un second temps un repli de l’offre inverserait la tendance. La baisse du coût de l’alimentation pour le bétail qui devrait se poursuivre au moins jusqu’au début de l’été va apporter une bouffée d’air aux trésoreries. L’avenir de l’élevage depend fortement des arbitrages politiques à venir. Comme le montrent les chercheurs de l’INRA, Hervé Guyomard et Vincent Chatellier, dans une étude sur « le bilan de santé de Pac, le découplage et l’élevage en zones difficile », un découplage total des aides entrainerait très vraisemblement une baisse des cheptels de vaches allaitantes. Un autre danger plane sur les éleveurs : les négociation à l’OMC. La baisse de 70% des droits de douanes actuellement en discussion pourrait mettre à mal la filière française.