Abonné

Viande/ Commercialisation Les éleveurs de Coop de France appellent au dialogue avec la grande distribution

- - 4 min

Le pôle animal de Coop de France a plaidé pour la réduction du nombre de références lors d’une conférence de presse le 14 février en appelant la grande distribution à ouvrir la discussion pour réduire les coûts internes et améliorer la compétitivité de la filière viande dans un contexte de concurrence avec ses voisins.

Pour les acteurs de la filière viande au sein de Coop de France, le constat est sans appel : tous les indicateurs des filières animales – bovins, ovins, porcins et volailles, y compris la nutrition animale – sont au rouge. Les productions sont à la baisse et les prix insuffisamment rémunérateurs pour couvrir les coûts de production. « Dans cette situation de crise, les entreprises d’abattage transformation voient leurs volumes décroître ne permettant plus une saturation des outils. Cela fait peser une menace forte sur l’emploi », constate Hubert Garaud, président du pôle animal.

Rationaliser la filière

« Chaque acteur de la grande distribution veut se démarquer de ses concurrents et les éleveurs ont su répondre en offrant des labels, des couleurs et des emballages différenciés et une offre totalement segmentée, constate-t-il, alors que lorsqu’ils souhaitent de grosses commandes, ils se tournent vers l’Allemagne ». Il faut désormais un changement fondamental d’approche par un travail en commun avec la grande distribution et parvenir à une diminution du nombre des références et une rationalisation des commandes. Un abattoir spécialisé en poulet gère plus de 600 références, contre 250 en Allemagne, une usine d’aliment doit parfois travailler avec plus de 60 cahiers des charges différents, sans compter le gaspillage que cela entraîne au niveau du distributeur. Coop de France demande également une optimisation des commandes, impliquant des commandes plus importantes et des livraisons moins fréquentes qui optimiseraient les volumes transportés et réduiraient le nombre de camions sur les routes. La simple application de ces 2 propositions, diminution du nombre de références et rationalisation des commandes, pourrait selon le Pôle animal de Coop de France permettre un retour économique estimé entre 3 et 7% de baisse de charges selon les filières. Le Pôle animal de Coop de France va adresser ces propositions à la distribution pour parvenir ensemble à une diminution des coûts internes et améliorer la compétitivité de la filière viande française. « On sent la volonté de certains distributeurs de travailler avec nous en ce sens », constate Hubert Garaud.

Innover tout de même

Pour Gérard Viel, président de la filière porcine, cette démarche « ne veut pas dire qu’il ne va pas falloir mettre en marché de nouveaux produits, mais il faut rationaliser une offre pour ne pas arriver à un point de rupture qui ferait que dans cinq ans, la messe serait dite et les usines fermées ». Cette approche ne concerne pas uniquement les viandes travaillées mais également la viande fraîche car les Allemands ont une vraie stratégie pour attaquer le marché de la viande fraîche. Il ne s’agit pas de changer le rapport de force avec la distribution, mais de dépasser le débat sur la répartition des marges et la répercussion des prix à l’aval bien qu’il reste d’actualité. Elle porte sur la construction d’une relation durable et d’un avenir durable en filière. Cette approche doit aller de pair avec une politique de communication envers le consommateur partagée par l’ensemble de la filière sur une déclinaison de ce qui est important pour le consommateur : qualité, santé- nutrition, origine du produit. La demande sociétale, largement relayée par la distribution doit être un élément de communication réciproque entre producteurs, transformateurs, distributeurs et consommateurs. La balle est maintenant dans le camp de la grande distribution.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.