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Manifestations Les éleveurs de porcs demandent des prix rémunérateurs

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Les producteurs de porcs se sont mobilisés la semaine dernière dans le grand Ouest pour inspecter les cargaisons des camions et les étals des supermarchés. Ils demandent une revalorisation de 25 centimes du kilo carcasse pour faire face à l’augmentation des coûts de productions. Stéphane Le Foll s’est déclaré favorable à une telle hausse.

Trois à quatre centimes d’euros sur le prix à la consommation d’une tranche de jambon cuit et 7 centimes sur une côte de porc. C’est pour ces augmentations, qui leurs permettraient de ne plus perdre de l’argent, que les éleveurs de porcs se sont mobilisés, du lundi 13 jusqu’au mercredi 15 mai, dans une trentaine de départements du grand Ouest, à l’appel de la FNSEA, des Jeunes agriculteurs et de la Fédération nationale porcine (FNP). Ils ont arrêté des camions pour inspecter les cargaisons et investit des supermarchés, pour protester contre les importations de viande porcine.
« Le porc est certainement la production la plus en difficulté en France », a estimé Jean-Michel Serres, président de la FNP, lors d’une conférence de presse à Paris lundi 13 mai. « Il manque 25 centimes du kilo pour que nos activités soient rémunératrices. Ce n’est pas un problème de compétence des éleveurs, mais depuis l’explosion des cours des céréales en 2007, les difficultés de trésoreries s’accumulent » et le cours du porc n’augmente pas, explique-t-il. « En supermarché, les prix de fond de rayon sont élevés, mais on voit des prix de promotion qui n’ont rien à voir avec la réalité et qui représentent des volumes de vente importants », poursuit Jean-Michel Serres.

Réguler les relations commerciales

Xavier Beulin, président de la FNSEA, a demandé aux pouvoirs publics de mettre en place un cadre législatif pour réguler les relations entre producteurs, transformateurs et distributeurs, « pour que les grandes et moyennes surfaces ne puissent plus imposer leurs tarifs ». Il a également demandé la mise en application de l’accord du 3 mai 2011, signé par l’ensemble de la filière, qui devait permettre de réenclencher les négociations tarifaires en cas de « variations excessives des prix de l’alimentation animale ».
Gaël Gauthier, secrétaire général des Jeunes agriculteurs, a appelé les salaisonniers et la grande distribution à privilégier la viande française : « Les importations sont de plus en plus nombreuses alors que le potentiel de production en France est présent pour faire face à la demande », constate t-il. Il déplore que « les installations sont aujourd’hui quasiment impossibles pour les jeunes, à part par transfert de capitaux familiaux ».

Le Foll ouvre la porte

Stéphane Le Foll a estimé « possible » la hausse de 25 euros le kilo de porc demandé par la FNP. « Je vais organiser et forcer chacun dans la filière à faire en sorte qu’on augmente le prix, c’est ce qu’on a fait sur le lait, mais ce sont des acteurs commerciaux privés qui sont en jeu », a déclaré mardi 14 mai le ministre sur France Info.
Serge Papin, le président de Système U, s’était prononcé le 7 mai sur une augmentation « de 30 centimes d’euro le kilo qui reviendra aux éleveurs de porcs ». Jean-Michel Serres accueille favorablement cette proposition, mais rappelle que « la FNP avait déjà eu cette idée en 2009, mais personne ne nous avait suivi. Est ce qu’aujourd’hui, les distributeurs ont changé et sont prêts à faire un effort ? »

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