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Bovins Les éleveurs dénoncent la pression exercée sur les prix

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Le prix des jeunes bovins se replie depuis plusieurs semaines en commission de cotation. Les industriels justifient la baisse par une surproduction, justification jugée mensongère par les professionnels de l’élevage.

Lors du conseil d’administration de la FNB (Fédération nationale bovine) le 4 avril, les professionnels ont rappelé que « la situation du revenu des éleveurs bovins-viande demeure critique ». Un rappel qui, pour les professionnels, semblait nécessaire compte tenu des baisses systématiques du prix des gros bovins décidées en commission de cotation depuis plusieurs semaines. La FNB dresse un bilan inquiétant avec « des prix à la production en chute brutale pour les jeunes bovins, sous la pression des abatteurs ». Selon les éleveurs, les industriels justifient ces baisses par un « trop de production ». Ils expliquent qu’il y a trop d’offre par rapport à la demande, et que les cours doivent baisser. Sauf que cette surproduction est qualifiée de « mensongère » ou de « déguisée » par les syndicats car elle correspond à de moindres exportations vers la Turquie depuis le début de l’année. De fait, les professionnels rappellent, données de l’Idele (institut de l’élevage) à l’appui, que les disponibilités françaises sont toujours en déclin. « La décapitalisation s’amplifie en vaches allaitantes (-142 000 têtes par rapport à l’an dernier en femelles races à viande de plus de 36 mois). En bovins mâles, la tendance est la même avec -4% à -7% de bovins dans les exploitations », lit-on dans un communiqué de presse de la FNB du 5 avril.

Risques de maintien de la décapitalisation
Pour les professionnels de l’élevage, l’ordre du jour n’est pas d’entrer dans une polémique, mais simplement de « dire aux abatteurs de faire attention aux signaux qu’ils envoient aux agriculteurs». Car le contexte est toujours difficile pour l’éleveur « pris en étau entre les coûts de production en hausse continue (indice ipampa en hausse de 8,5% sur un an), des stocks fourragers au plus bas dans de très nombreuses régions, et des prix à la production en chute brutale ». En maintenant ces baisses sur les prix, la décapitalisation va se poursuivre. « Les éleveurs pourraient choisir de faire autre chose », regrette-t-on à la FNB. Dans ces conditions, les volumes pourraient être à nouveau « insuffisants » pour les abatteurs. D’autant plus, qu’il y a d’ores et déjà des réouvertures de marchés à l’export vers les pays tiers. « Sur la Libye, de grandes opportunités sont en train de se mettre en place. Cette demande est liée à un besoin de recapitalisation du cheptel », rapporte-t-on au GEF (groupement export France).

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