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Élevage Les éleveurs doivent jouer sur les charges de structure pour maîtriser leurs coûts

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En élevage, la maîtrise du coût de production nécessite une stratégie concernant les charges de structure (matériel et bâtiment notamment). La journée technique viande bovine qui se tenait à Angers le 8 mars a été l’occasion de le rappeler.

«Les charges de structure représentent un poids lourd du coût de production », a expliqué Jacques Martial Bouet, conseiller viande bovine à la Chambre d’agriculture de Vendée, au cours de la journée technique viande bovine qui se tenait à Angers le 8 mars. Les charges de structure, une des composantes du coût de production, correspondent à des charges engagées sur plusieurs années comme les bâtiments et le matériel notamment. Les experts travaillent plus souvent sur la diminution des charges opérationnelles (alimentation animale par exemple), l’autre composante du coût de production. Sauf que le poste alimentaire est aussi le plus exposé à la volatilité du prix des matières premières et, par conséquent, offre peu de visibilité à moyen terme. 
En revanche, les charges de structure sont moins flexibles et moins exposées à la volatilité des prix. Ainsi, elles offrent « une plus grande marge de manœuvre » à moyen terme, selon Jacques Martial Bouet. D’après une étude menée sur quarante élevages du Pays de la Loire pendant six ans, les charges de mécanisation représentent en moyenne 35% des charges de structure, soit un quart du coût de production. Les bâtiments représentent, eux, 16% des charges de structure. Pour les systèmes « naisseur-engraisseur », les charges de structure représentent 55% du coût de production et pour les systèmes « engraisseur », 45% du coût de production. Pour rappel, ces deux types de système sont les plus représentés en Pays de la Loire, première région française productrice de viande bovine.

Raisonner les investissements
Concernant les investissements dans le matériel, trois stratégies sont identifiées. « La stratégie type investisseur reste la plus risquée », poursuit Jacques Martial Bouet. Et ramenée au kilo vif produit, c’est aussi la stratégie la plus coûteuse. De fait, le renouvellement du matériel pour en acquérir du plus performant est étroitement connecté à la conjoncture économique et financière. Lorsque la conjoncture devient défavorable, certains investissements peuvent devenir un « boulet » au pied de l’éleveur et pour une longue durée. Au contraire, ce risque est très faible pour la stratégie de délégation de la mécanisation. « Il s‘agit des éleveurs qui ont peu de matériels en propriété et qui investissent peu ». Les travaux menés par la chambre d’agriculture montrent que les coûts de mécanisation sont variables selon les profils : pour les « investisseurs », ils sont de 0,76 euro le kilo vif produit, contre 0,62 euro le kilo vif produit pour les « délégataires ». Selon Jacques Martial Bouet, « la délégation permet une réelle économie ». Entre les deux, la stratégie intermédiaire, dite des « vieillisseurs » opte pour un amortissement du matériel le plus longtemps possible. Et le coût de la mécanisation est aussi intermédiaire (0,65 euro le kilo vif produit).
Concernant les bâtiments, ils demandent des investissements tout au long de la carrière de l’éleveur. « Il y a une part d’autofinancement disponible en fin de carrière », rappelle l’expert de la chambre d’agriculture. Néanmoins, « c’est souvent au moment de l’installation des jeunes que l’investissement est lourd à supporter », lance-t-on dans la salle de conférence. Les experts de la chambre ont alors souligné que certains éleveurs, justement en fin de carrière, investissent dans les bâtiments pour s’assurer du renouvellement des générations.

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