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Viande porcine Les éleveurs français de porcs s’inquiètent du poids de l’Allemagne

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La conférence de presse de la FNP (Fédération nationale porcine) qui a eu lieu le 20 janvier à Paris a été l’occasion de faire le bilan de l’année 2009 et de constater « la perte de compétitivité de la filière porcine française ». Les éleveurs français s’affirment défavorisés par rapport à l’Allemagne. Ils veulent aussi mieux regrouper l’offre de porcs au niveau du marché breton.

Selon Jean Michel Serres, s’exprimant lors d’une conférence de presse de la FNP (Fédération nationale porcine) le 20 janvier, « 2009 a été une année de déception pour les éleveurs ». « On s’attendait à une reprise des cours en 2009, a expliqué Jean Michel Serres, mais les trésoreries se sont dégradées en automne. » Selon le syndicaliste, le potentiel de production français aurait baissé de 1,5% en 2009 par rapport à 2008, et de 1% pour Uniporc Ouest. « L’état des lieux n’est pas encourageant, a-t-il ajouté. Les éleveurs français sont moins payés et la France creuse son déficit commercial. » La balance commerciale en valeur serait en effet déficitaire de 100 millions d’euros en 2009, selon l’Ifip/FranceAgriMer. Comment expliquer cette situation ? Pour la FNP et Uniporc Ouest, elle découle notamment des distorsions de concurrence en Europe. « L’industrie allemande est en train de devenir le nouveau négrier de l’Europe », a déploré Paul Auffray, secrétaire général de la FNP. Le coût de la main d’œuvre serait l’explication. « En Allemagne, le coût moyen horaire de l’abattoir est de 12 euros, en France, il est à 18 euros », explique Jeff Trebaol, vice-président de la FNP. Autre raison invoquée : la situation géographique de la France. « La France est en train de devenir un pays périphérique par rapport aux pays de l’Est et la Russie, premier débouché pour la filière. En termes de transport, l’Allemagne est avantagée. Pour faire Paris-Berlin, cela coûte 10 à 12 centimes. En partant directement de Berlin, on est au point zéro », explique Jeff Trebaol.
Une perte de compétitivité qui va de pair avec un manque de soutien, selon la FNP. « On n’a pas de visibilité aujourd’hui », a expliqué Jean Michel Serres à propos du plan de soutien à l’agriculture du président de la République.

Les chantiers de 2010
Face à cette situation, la FNP a donc annoncé les grands chantiers pour 2010. Elle entend tout d’abord développer le projet de marque nationale afin de mieux identifier la viande porcine française. Au côté de Coop de France et de la grande distribution, la FNP y travaille activement. L’officialisation devrait avoir lieu lors du Salon de l’agriculture. L’interprofession dans son ensemble va également se mobiliser pour dresser le profil de la filière d’ici 2015. « La FNP y travaille activement. Notre volonté, c’est d’avoir des résultats au mois de juin. »
D’ici là, le syndicat entend bien commencer à remédier à ce qu’il qualifie de « mauvais fonctionnement de la filière » via le regroupement de l’offre. Selon Jean Michel Serres, il faut « redonner du souffle au MPB (Marché du porc breton). Il faudrait un regroupement de 60% de l’offre du Grand-ouest au MPB. Actuellement, l’abattoir a une certaine sécurité et n’a pas besoin de se battre et de faire des enchères. Il va chercher les porcs directement dans les élevages. Il faut obliger les abattoirs à aller chercher les porcs au MPB et non pas directement dans les élevages. La balle est désormais dans le camp des groupements de producteurs, il faut qu’il se dégage de l’aval. »

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