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Volaille biologique Les éleveurs s’organisent pour satisfaire leurs besoins en aliments

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Les producteurs de volailles biologiques du Synalaf manquent de matières premières végétales destinée à l’alimentation pour répondre à la forte demande des consommateurs. L’assemblée générale du syndicat interprofessionnel a souligné l’importance pour la filière biologique de s’inspirer de l’expérience des labels pour se développer.

L’assemblée générale du Synalaf (Syndicat national des labels avicoles de France) s’est tenue le 4 juin à Paris. Elle a mis en lumière la problématique spécifique à la filière « volailles bio », dont le succès se heurte à des problèmes d’approvisionnement.

La production de poulet Label rouge a reculé de 4% en 2008 à cause de la baisse du pouvoir d’achat des ménages. Par contre la production de volailles et d’œufs issus de l’agriculture biologique a le vent en poupe. En 2008, l’effectif de poules pondeuses bio a augmenté de 9% (+5% selon l’agence bio) et la production d’œufs de 10% selon l’observatoire du Synalaf. Les mises en place de volaille de chair bio auraient elles aussi bondi de 10% (+17% selon l’agence bio). Problème : le développement de ces filières, tiré par la demande des consommateurs, est aujourd’hui freiné par le manque de matières premières pour l’alimentation des animaux.

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Manque de matière première végétale

Il faut donc que les filières végétales biologiques se développent en parallèle des filières animales. « Seulement, les exploitants sont plus réticents à se convertir à l’agriculture biologique dans le secteur du végétal que de l’animal », constate Carine Maret, responsable de l’activité aliments à l’Ufab (Union française d’agriculture biologique), filiale de la coopérative Le Gouessant. Son entreprise apporte donc un soutien technique aux éleveurs de volaille bio qui veulent convertir leurs productions végétales en bio, notamment sur les bassins versants où les fortes contraintes environnementales ne sont pas très éloignées du cahier des charges biologique qui permet une meilleure valorisation de la production. Les Fermiers de Loué ont mis en place un système similaire afin d’assurer une matière première végétale 100% locale en proposant aux agriculteurs un contrat incitatif de 220 euros/tonnes.

Complémentarité des filières biologique et Label rouge

« Nous mettons beaucoup d’espoir dans le plan protéine du ministère de l’Agriculture pour soutenir le développement de la bio », a également tenu à souligner Elisabeth Mercier, directrice de l’Agence Bio. Pour les industriels, le développement des volailles et des œufs biologiques commercialisés en circuits longs (GMS) doit s’inspirer de ce qui a déjà été mis en place avec les Labels. Yves de la Fouchardière, directeur des Fermiers de Loué, estime que ces deux filières sont complémentaires, « le Label rouge a permis de faire avancer la sélection des souches de volailles et d’organiser la filière, ce qui profite aujourd’hui aux productions biologiques, dans l’autre sens la production biologique est un laboratoire qui nous appris comment nous passer de certains antibiotiques ».