Abonné
Présents depuis des années dans le quotidien des Français, les emballages en PET (polyéthylène téréphtalate) se sont développés dans de nombreux secteurs de la grande consommation. Résistant aux chocs, ne cassant pas, flexibles, plus légers et plus solides que les bouteilles de verre, ce conditionnement innove pour trouver de nouveaux débouchés ou conforter ses parts de marché existantes. Ces emballages sont largement utilisés pour l’alimentaire, notamment les boissons – 38% des emballages PET sont des bouteilles –, mais aussi les produits traiteurs ou encore les fruits et légumes, constate Françoise Gerardi, déléguée générale d’Elipso (Syndicat des entreprises de l’emballage plastique et souple). « Aujourd’hui, ils poursuivent leur développement dans des domaines où on les attendait pas, comme dans l’univers du vin ou celui du lait UHT ou encore des jus de fruit ».
Un argument de poids pour l’export
La France a consommé en 2010 légèrement plus de 2 millions de tonnes de matières plastiques vierges pour fabriquer des emballages, dont la principale résine utilisée est le polyéthylène (54%) suivi du PET (19%). En 2011, les emballages boissons représentaient 1 401 milliards d’unités, dont 32% en PET, 24% en verre, 21% en métal et 12% en carton. Sur les 448 milliards d’unités en PET, les eaux totalisaient 44% du total, devant les sodas (29%) et les jus et nectars (27%). De nouveaux utilisateurs vont cependant faire leur apparition. Parmi les candidats les plus sérieux, on trouve le vin. « Autrefois synonyme de bas de gamme, ce conditionnement gagne ses lettres de noblesse», constate François Desfretier, directeur de PDG Plastiques. Ses atouts sont nombreux. Il permet une bonne imperméabilisation à l’oxygène, au dioxyde de carbone ou de soufre, ce qui permet une conservation pendant plus de deux ans. Mais surtout, une bouteille ne pèse que 50 grammes contre 480 pour une version en verre. Cela permet de « diminuer dans des proportions très importantes la quantité d’énergie nécessaire au transport et d’ouvrir de nouveaux débouchés internationaux pour les vins français ». Cela répond notamment à une demande en Scandinavie ou en Asie. En 2011, 30% du marché japonais a été approvisionné par les négociants en bouteille de beaujolais nouveau en PET contre 25% en 2010.
Une nouvelle frontière pour le lait
Les bouteilles PET pour le lait UHT font leur arrivée dans les rayons depuis plusieurs mois et sont en pleine expansion. La bouteille PET garantit également le conditionnement. En effet, une nouvelle technologie a permis au PET de proposer une barrière lumière à 100%, garantissant une protection pour les produits photosensibles dont le lait UHT. Cette technologie a également permis de diminuer fortement le poids des bouteilles de lait (20% soit plus 6g). La bouteille PET garantit le conditionnement aseptique. L’opercule aluminium n’est plus nécessaire car l’étanchéité PET/bouchon est parfaite. La bouteille PET peut être refermée et stockée couchée dans le réfrigérateur. Ce conditionnement a particulièrement été sollicité par la qualité des laits « bio », le distributeur Système U ayant commercialisé une bouteille à moins d’un euro pour un litre. Les innovations touchent également les utilisations plus traditionnelles, comme les sodas et jus de fruits. Les gains sur le poids des emballages sont l’argument principal. La bouteille de Coca a vu son poids passer de 36 grammes à 21,7 avec pour objectif 19,9. Pour les bouteilles d’Oasis, on est passé de 31 grammes à 23 et l’objectif est fixé à 19. Cet avantage est également très recherché pour les gros conditionnements d’eau en bouteilles de 5 litres ou en fontaines de 20 litres. La profession fait également valoir l’argument écologique de ces emballages. Sur les 310 000 tonnes de bouteilles et flacons produits en France en 2010, le taux de recyclage a été de 51%, soit une bouteille sur deux.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Suivi
Suivre