En constante augmentation, les émissions de gaz à effet de serre (GES) du secteur agricole pourraient encore progresser de 30% d'ici 2050. Les ruminants constituent la principale source d'émission mais l'usage des engrais de synthèse est celle qui augmente le plus (+37% depuis 2001).
LES émissions de gaz à effet de serre (GES) du secteur agricole qui ont quasiment doublé au cours des cinquante dernières années pourraient encore augmenter de 30% d'ici 2050 si les efforts pour les réduire ne sont pas intensifiés, prévient l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) qui a publié le 11 avril une nouvelle étude sur la question. Les émissions de l'agriculture et de l'élevage sont passées de 4,7 milliards de tonnes équivalent CO2 en 2001 à plus de 5,3 milliards de tonnes en 2011, soit une hausse de 14% en 10 ans, essentiellement du fait de la progression des productions agricoles dans les pays en développement, constate la FAO. La première source agricole de GES est l'élevage de ruminants, responsable de 39% des émissions, suivi par l'utilisation d'engrais de synthèse (14%) qui est la source qui augmente le plus rapidement (+37% depuis 2001), et les rizières (10%).
Baisse de la déforestation
En plus de la production agricole à proprement parler, le secteur est également responsable d'émissions du fait de la déforestation : la conversion nette de forêts à d'autres utilisations est à l'origine de 4 milliards de tonnes éq. CO2/an entre 2001 et 2010. Mais ces changements d'affectation des terres ont affiché un recul de près de 10% au cours de la période grâce à une baisse de la déforestation et une hausse des volumes de carbone atmosphérique piégés dans de nombreux pays. Quelque 2 milliards de tonnes éq.CO2/an ont été absorbées par les puits de carbone forestiers. Autres sources d'émissions : les tourbières dégradées (1 milliard de tonnes éq. CO2/an) et la combustion de biomasse (0,2 milliard de tonnes éq. CO2/an). Par grandes régions, l'Asie est la plus émettrice avec 45% des GES agricoles de la planète. Viennent ensuite les Amériques (25%), l'Afrique (15%), l'Europe (11%) et l'Océanie (4%).
LE Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec) a averti le 13 avril, dans un rapport publié à Berlin, que limiter le réchauffement climatique à 2°C par rapport à l'ère pré-industrielle est encore possible, mais implique d'agir vite pour réduire les émissions de gaz à effet de serre de 40 à 70 % d'ici 2050 (1). Les investissements dans les énergies « bas carbone » vont ainsi devoir tripler, voire quadrupler entre 2010 et 2050. Dans ces énergies, le Giec classe les renouvelables, le nucléaire et les énergies fossiles associées à une capture et un stockage du carbone, qui sont aujourd'hui à un stade expérimental.
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Les experts considèrent que la biomasse agricole peut jouer un rôle dans la réduction des émissions de gaz à effet de serre, avec, toutefois, des interrogations sur la durabilité et l'efficacité de cette production d'énergie. Ils soulignent aussi que les forêts devraient à l'avenir davantage capter de CO2 qu'en émettre grâce au ralentissement de la déforestation et aux actions de reforestation.
Les travaux du Giec servent de base scientifique aux difficiles négociations internationales qui doivent aboutir en 2015 à Paris à un accord ambitieux et contraignant pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et financer les actions d'adaptation.
(1) Voir n° 3442 du 07/04/14