Les États membres n’ont pas correctement mis en œuvre la politique européenne pour la préservation de la biodiversité, constate la Commission de Bruxelles. Les objectifs en la matière fixés pour 2020 ne seront pas atteints.
La législation de l’UE sur la nature doit être mieux appliquée par les États membres, conclut la Commission européenne dans son examen à mi-parcours de la stratégie européenne biodiversité 2020, publié le 2 septembre. Le rapport souligne qu’aucun progrès significatif n’a été accompli en vue de l’objectif global d’enrayer la perte de biodiversité et la dégradation des services écosystémiques à l’horizon 2020. Le commissaire européen à l’environnement, Karmenu Vella, s’est félicité des « quelques progrès réels » qui ont été réalisés mais « des efforts bien plus importants sont nécessaires pour combler les lacunes et réaliser nos objectifs en matière de biodiversité d’ici à 2020 ». Plus des trois quarts des habitats naturels importants dans l’UE sont actuellement dans un état non satisfaisant, et de nombreuses espèces sont menacées d’extinction, constate Bruxelles. L’agriculture reste une des principales causes du fait de modifications des pratiques culturales, d’un abandon des systèmes pastoraux et du recours aux engrais et aux pesticides. Les populations d’oiseaux des zones agricoles continuent de diminuer (-30 % depuis 1990) et les abeilles sauvages et papillons des prairies sont également sous pression.
La Pac reformée donne la possibilité d’une meilleure intégration de ces questions, mais son succès dépendra largement de la mesure dans laquelle les États membres la mettront en place au niveau national, prévient Bruxelles.
Révision des directives Oiseaux et Habitats
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Les organisations de défense de la nature telles que WWF, les Amis de la Terre, Birdlife ou le Bureau européen de l’environnement, ont déploré le manque d’engagement de la Commission et des États membres à mettre pleinement en œuvre cette stratégie biodiversité et appelé à renforcer les directives Oiseaux et Habitat. Lorsqu’elles sont mises pleinement et efficacement en place, elles « permettent d’améliorer l’état de conservation de beaucoup d’espèces et d’habitats en Europe », soulignent-elles notamment.
La Commission européenne est en train de réaliser un bilan de santé des directives Oiseaux et Habitats afin d’évaluer si les objectifs fixés sont atteints le plus efficacement possible.
(1) Voir n° 3507-3508 du 27/07/2015