Abonné

UE/Poulets chlorés Les Etats membres de l’UE toujours pas prêts à rouvrir les frontières

- - 4 min

Le projet de la Commission européenne de rouvrir les frontières européennes aux poulets chlorés américains serait-il déjà tué dans l’œuf ? C’est en tout cas ce que l’on peut supposer suite aux rumeurs insistantes qui circulent du côté des ministres de l’agriculture qui se réunissent une nouvelle fois le 18 décembre pour en débattre. Selon toute vraisemblance il y aurait une quasi-unanimité de ministres à voter contre ce projet soutenu mordicus par le seul commissaire européen à l’industrie, Günter Verheugen.

C’est à un véritable tir de barrage contre le projet de Bruxelles auquel on peut s’attendre le 18 décembre lors de la réunion à Bruxelles des ministres européens de l’agriculture Comme la présidence française de l’UE, beaucoup d’Etats membres se sont interrogés sur l’utilité d’organiser une réunion du Conseil économique transatlantique avant l’arrivée de la nouvelle administration américaine.. Soucieux devant la levée de boucliers de la part des associations de consommateurs, d’agriculteurs et de défenseurs de l’environnement, les ministres ne sont pas prêts à lever l’interdiction –en vigueur depuis 1997- de la commercialisation des poulets et des préparations à base de viande de poulets américains sur le marché européen. Le ministre français, Michel Barnier, s’est toujours montré intransigeant sur ce dossier : « Les Américains peuvent avoir le modèle alimentaire qu’ils veulent, on n’est pas obligé de l’importer en Europe et nous nous opposerons toujours à ce projet. Il en va d’une certaine idée de la qualité alimentaire que nous nous faisons », a-t-il toujours insisté. Seule surprise possible, l’attitude du ministre britannique qui pourrait s’abstenir pour ne pas froisser l’allié américain Selon des experts européens une abstention des Britanniques peut être interprétée comme un refus poli…. Les autres ministres ont toujours clairement affiché leur hostilité au projet de la Commission européenne, même si celui-ci s’est ingénié à prévoir une autorisation provisoire de deux ans conditionnée par des études complémentaires ainsi que de nombreuses conditions sanitaires. Parmi celles-ci, l’obligation pour les Américains de rincer à l’eau potable les poulets, une fois qu’ils ont été désinfectés et d’étiqueter clairement les produits à base de viande poulet pour informer les consommateurs européens.

Confirmation implicite de l’échec annoncé de ce dossier, même la troisième réunion du Conseil économique transatlantique UE/Etats-Unis du 12 décembre à Washington n’a pas inscrit à son ordre du jour la question de la réouverture des frontières européennes aux poulets chlorés américains. Pourtant une des priorités affichées par Washington dans les négociations euro-américaines du Conseil Economique Transatlantique, dont le co-Président n’est autre que Günter Verheugen, le commissaire européen à l’industrie et aux entreprises. Un commissaire isolé au sein de l’Exécutif européen et qui a mené une campagne au bulldozer pour rouvrir les frontières communautaires aux produits américains.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Commission européenne
Suivi
Suivre
La Réunion
Suivi
Suivre

Pas de problème pour l’industrie de transformation européenne

Pour Dirk Dobbelaere, le secrétaire général de Clitravi (Centre de liaison des industries transformatrices de viande), l’absence sur le marché des exportateurs de viande de poulets américains ne pose pas de problème pour l’approvisionnement de l’industrie européenne. « Si les Américains sont mis à l’écart du marché cela ne nous posera aucune difficulté d’approvisionnement. Nous pouvons facilement nous fournir chez les producteurs thaïlandais ou brésiliens. C’est égal pour nous ! », a-t-il déclaré à Agra alimentation.