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Etats-Unis Les Etats-Unis condamnés à l'OMC sur l'étiquetage d'origine de la viandes

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Les États-Unis sont sous la menace de mesures de rétorsion commerciales du Canada et du Mexique, après la condamnation en appel par l'OMC de leur réglementation controversée sur l'étiquetage obligatoire de l'origine de la viande. L'abolition de ce régime est envisagée par le Congrès.

Pour la quatrième fois, et en appel, l'Organisation mondiale du commerce a condamné le 18 mai, à la demande du Canada et du Mexique, la réglementation américaine imposant l'étiquetage détaillé de l'origine des viandes bovine et porcine vendues au consommateur (lieu de naissance, élevage et abattage de l'animal), la jugeant discriminatoire pour les produits importés. Ce régime, dit COOL, « accroît les charges liées à l'enregistrement pour le bétail importé » et « impose une charge disproportionnée aux producteurs et transformateurs qui ne peut s'expliquer par la nécessité de fournir aux consommateurs une information sur l'origine », a confirmé l'organe d'appel de l'OMC.

Ayant eu ainsi définitivement gain de cause, le Canada et le Mexique sont décidés à prendre, contre les exportations américaines, des mesures de rétorsion qui pourraient atteindre 2 milliards de dollars.

Rétorsions et projet d'abrogation

Afin d'éviter le déclenchement de telles représailles commerciales, la commission de l'agriculture de la Chambre des représentants américaine s'est prononcée le 20 mai pour l'abrogation de la réglementation COOL.

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Au début du mois, l'administration Obama avait annoncé qu'elle était prête à supprimer ce régime s'il devait être de nouveau mis en cause par l'OMC (1).

Le département américain de l'agriculture a publié récemment un rapport concluant que COOL n'a pas de « bénéfice mesurable » pour les consommateurs et, au contraire, occasionne « des dommages économiques considérables pour les producteurs, les conditionneurs, les détaillants et les consommateurs ». Selon cette analyse, la mise en œuvre de cette réglementation en 2009 a eu pour conséquence des pertes économiques de 405 millions de dollars la première année pour le secteur de la viande, tandis que les consommateurs « sont confrontés maintenant à des prix de détail plus élevés pour le bœuf et le porc et à un approvisionnement réduit ».

Pour sa part, l'American Farm Bureau a réagi au verdict de l'OMC en faisant part de sa volonté de « travailler avec le Congrès, le département de l'agriculture et le représentant au commerce pour atteindre l'objectif d'un programme COOL qui se conforme aux règles du commerce international ».