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Clones Les États-Unis étudient l’acceptabilité du lait de vaches clonées

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La levée de l’interdiction des produits issus d’animaux clonés est à l’étude outre-Atlantique. Le clonage reste marginal, mais le marché pourrait s’ouvrir, à en croire les premières initiatives prises aux États-Unis pour tester leur acceptabilité.

Plus de vingt ans après Dolly, le clonage animal est resté une pratique marginale en élevage, presque ringardisée par les progrès de la génomique. En particulier en Europe où la directive communautaire sur le bien-être animal 98/58/EC exclut de fait le clonage des animaux de ferme, après que l’Efsa a considéré que cette pratique cause des souffrances non nécessaires aux animaux.

L’ambiance est légèrement différente outre-Atlantique, où le clonage des animaux de ferme est autorisé. La pratique y reste toutefois marginale, cantonnée à quelques entreprises de sélection génétique qui reproduisent ainsi à l’identique l’ADN de leurs animaux d’élite. Selon l’agence de sécurité sanitaire américaine (FDA), il existerait quelques centaines d’animaux de ferme clonés aux États-Unis.

Un moratoire « volontaire » aux États-Unis

Mais que faire du lait et de la viande de ces quelques animaux et de leur descendance ? La question agite les législateurs des deux côtés de l’Atlantique, car l’UE importe des descendants de clones.

En 2015, la Commission et le Parlement européens n’ont pas réussi à se mettre d’accord sur un encadrement. Actuellement, la commercialisation de « lait de clones » est soumise à un dossier d’autorisation auprès de l’agence sanitaire européenne (Efsa), qui n’en a reçu pour l’instant aucun. Mais la commercialisation du lait de descendant de clones ne fait l’objet d’aucune autorisation préalable ni interdiction.

Aux États-Unis, rien n’interdit, dans la loi, le commerce de « lait de clones », mais depuis 2001 le ministère de l’agriculture (USDA) avait convenu avec les entreprises du secteur d’un « moratoire volontaire » à la commercialisation de ces produits. Et selon l’agence sanitaire du pays (FDA), ce moratoire a été maintenu jusqu’ici, malgré l’avis favorable à la commercialisation de ces produits qu’elle a elle-même publié en 2008.

Une « transition douce vers le marché »

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Pourtant cette interdiction « molle » américaine pourrait être levée sous peu. Sur son site, la FDA expliquait en 2017 que le ministère de l’Agriculture américain doit discuter prochainement avec les entreprises du secteur pour mettre en place une « transition douce vers le marché ».

C’est probablement dans ce cadre que l’agence a publié en janvier une étude, réalisée en 2012, sur l’acceptabilité du lait de vaches clonées chez les consommateurs, décrypté par le service de prospective du ministère de l’Agriculture français.

2,65 $ pour accepter de boire un verre de lait de clones

Le principe de cette étude : lire un texte de la FDA sur l’innocuité du lait de vaches clonées à une centaine de personnes. Leur présenter des tasses de lait (issu ou non d’animaux clonés). Et leur demander de choisir la compensation minimale (entre 0 et 5 $) qu’ils estiment juste pour échanger ce lait conventionnel contre un lait de vaches clonées.

La compensation moyenne demandée par les individus était de 2,65 $, avec des différences selon les sites où étaient interrogées les personnes. Dans un magasin d’alimentation « naturelle », les personnes demandent 3,18 $. Dans une université, 1,44 $. Un quart de l’échantillon ne demandait pas de compensation, un tiers demandait le maximum de 5 $.

Selon le ministère de l’Agriculture français, ces résultats pourraient conduire, dans l’hypothèse d’une levée du moratoire américain, à des étiquetages volontaires du lait garanti « sans clone » ; comme cela s’est déjà produit avec le lait garanti sans Bst (somatotropine bovine, hormone augmentant la production laitière).

La FDA a prévenu qu’elle n’imposerait pas d’étiquetage particulier aux entreprises. Elle estime que les animaux clonés devraient rester l’exception dans le troupeau laitier américain, même en cas de commercialisation de leur lait. En 2008, de grands groupes alimentaires comme Nestlé ou Kraft Foods, avaient expliqué qu’elles n’utiliseraient pas ces produits.