Le secrétaire américain au commerce a affirmé le 30 mai que les États-Unis sont « ouverts » à une reprise des négociations de libre-échange avec l’UE. Quelques jours auparavant, à l’occasion de la visite de Donald Trump à Bruxelles, les deux parties avaient, selon le président de la Commission européenne, convenu de tenter de « rapprocher » leurs points de vue sur les questions commerciales, et le sommet du G7 s’était engagé de nouveau à « lutter contre le protectionnisme », tout en tenant compte des positions affichées en la matière par le chef de la Maison Blanche.
Les États-Unis sont « ouverts » à une reprise des négociations avec l’UE sur le Partenariat transatlantique de commerce et d’investissement (TTIP), lancées en 2013 et au point mort depuis l’élection de Donald Trump à la Maison Blanche en novembre, a déclaré le 30 mai le secrétaire américain au commerce. « Il est judicieux de continuer les négociations sur le TTIP et de travailler à une solution qui augmente nos échanges de manière générale tout en réduisant notre déficit commercial », a affirmé Wilbur Ross sur la chaîne américaine CNBC. « Ce n’est pas un hasard que nous nous soyons retirés du TPP (Partenariat transpacifique) mais pas du TTIP », a-t-il ajouté.
Ces déclarations marquent un infléchissement de l’administration américaine et interviennent alors que Washington et Berlin croisent le fer sur la diplomatie et le commerce à la suite de la visite de Donald Trump à Bruxelles et du sommet du G7 en Italie. Pour les seuls échanges de marchandises, les États-Unis ont accusé un déficit de 146,3 milliards $ avec l’UE en 2016, dont 64,8 milliards vis-à-vis de l’Allemagne.
« Rapprocher nos points de vue »
« Nous avons beaucoup discuté des questions qui concernent le commerce international, le libre-échange », a confirmé Jean-Claude Juncker à l’issue de l’échange de vues que lui-même et le président du Conseil européen, Donald Tusk, ont eu le 25 mai à Bruxelles avec Donald Trump. La question du Partenariat transatlantique de commerce et d’investissement (TTIP) n’a pas été abordée de façon spécifique, a-t-il laissé entendre lors d’une conférence conjointe avec le président français Emmanuel Macron, mais, a précisé le président de la Commission européenne, « nous sommes convenus de rassembler des Européens et des Américains, de réunir une délégation de la Commission et de l’administration Trump dans les mois et semaines à venir pour rapprocher nos points de vue en matière commerciale parce que nous avions estimé qu’il y avait trop de divergences et d’analyses et d’actions entre ces deux grands ensembles économiques » que sont l’UE et les États-Unis (1).
Pour sa part, Emmanuel Macron a réaffirmé qu’il « défendra d’abord la notion d’une Europe qui protège », citant entre autres la « réciprocité commerciale ».
Sommet du G7 : lutte contre le protectionnisme…
Les dirigeants du G7, réunis les 26 et 27 mai à Taormina (Sicile), ont « réitéré », dans leur communiqué final, leur « engagement à garder nos marchés ouverts et à lutter contre le protectionnisme, tout en restant fermes face à toutes les mauvaises pratiques commerciales ».
« En même temps, nous reconnaissons que le commerce n’a pas toujours été fait au bénéfice de tous », ajoute la déclaration. « Pour cette raison, nous nous engageons à adopter des politiques appropriées de telle manière à ce que toutes les entreprises et tous les citoyens puissent profiter au mieux de toutes les opportunités offertes par l’économie globale ».
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… mais inconnue américaine
Un texte longuement négocié compte tenu des tendances au repli manifestées par le président américain. Celui-ci a demandé fin mars par décret à son administration d’examiner les causes et les pays – européens entre autres (Allemagne, France, Italie) – responsables du déficit commercial des États-Unis. Et, à Taormina, il s’en serait pris une fois de plus à l’excédent commercial allemand, jugé « très, très mauvais ».
Dans un autre décret daté de fin avril, Donald Trump a également appelé son administration à examiner tous les accords commerciaux signés par les États-Unis, mais aussi les conséquences de l’adhésion à l’OMC, afin de déterminer, là aussi, les causes du déficit commercial du pays.
« Notre monde vit la tentation d’une fragilisation du multilatéralisme », a commenté Emmanuel Macron. « Je vois ce G7 comme la preuve que le multilatéralisme existe encore », a néanmoins estimé le chef de l’État français.
(1) Voir n° 3597 du 29/05/17
Climat : six contre un au G7
Après des mois de tergiversations, Donald Trump devait annoncer le 1er juin dans la soirée sa décision sur la participation de son pays à l’accord de Paris sur le climat, qu’il avait promis d’« annuler » durant sa campagne électorale. « Les États-Unis sont en train de réévaluer leur politique » dans ce domaine, n’avait pu que constater le G7 à l’issue du sommet des 26 et 27 mai à Taormina, ajoutant que « les chefs d’État et de gouvernement du Canada, de France, d’Allemagne, d’Italie, du Japon et du Royaume-Uni ainsi que les présidents du Conseil européen et de la Commission européenne réaffirment leur engagement à rapidement mettre en œuvre l’accord de Paris ».