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Produits carnés Les États Unis suspendent l’importation de foie gras et de charcuterie française

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Suite à une inspection de onze établissements industriels en début d’année, les États Unis ont décidé de suspendre les importations de foie gras et de produits à base de viande issus des industries françaises. Les quantités concernées sont faibles, cependant. Selon les professionnels, les exportations de foie gras vers les États Unis portaient sur 123 tonnes pour une valeur inférieure à 4 millions d’euros ; les exportations de produits de charcuterie représentaient un peu plus de 300 tonnes. Le ministre de l’agriculture, qui a dépéché deux de ses collaborateurs à Washington pour tenter de régler le litige, affirme poursuivre les contacts pour sortir de cette affaire « par le haut ». Le 25 février, il ne manquait pas d’affirmer que le nombre de victimes par intoxication alimentaire est en général plus élevé aux Etats Unis qu’en Europe et en France en particulier.

 

Les Américains reprochent à trois usines françaises de ne pas appliquer le même standard de contrôle dit HACCP qu’aux États Unis. Ces trois établissements avaient été repérés à l’occasion de contrôles effectués sur 11 entreprises au début de l’année. Ce sont moins des questions sanitaires qui sont concernées que des procédures documentaires, expliquent les professionnels et les pouvoirs publics. Le Cifog (Interprofession foie gras) a regretté que le foie gras soit à nouveau otage des relations Europe-Etats Unis. En 1999, ce produit avait subi une taxation à 100 % après le boycott du bœuf aux hormones.

Pour le ministre de l’agriculture, même si les Américains affichent une certaine raideur dans la gestion de ce dossier, ce boycott ne semble pas lié aux bloquages européens sur les produits avicoles américains. « Cela ne correspond pas à un moment particulier, affirme Hervé Gaymard et la France ne semble pas particulièrement visée.»

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Vers un séminaire Euro-Etats Unis sur les procédures

Il y a «apparemment une grande divergence d'interprétation» entre la France et les Etats-Unis sur les procédures qui permettent d'identifier les risques dans les sites de production alimentaire, a expliqué Beate Gminder, la porte-parole de David Byrne, commissaire européen chargé des questions alimentaires. Selon elle, il est courant que des établissements agroalimentaires dans la Communauté perdent leur licence pour exporter aux Etats-Unis ou dans un autre pays tiers, de même qu'il est courant que l'UE retire son agrément à tel ou tel établissement dans un pays tiers. Mais le retrait de l'agrément à tous les établissements d'un même pays «n'arrive pas souvent», a-t-elle reconnu.

Européens et Américains doivent prochainement tenir un séminaire sur les procédures d'analyse des risques dans ce type d'établissements agroalimentaires, pour avoir «une approche plus commune» du problème, a précisé Mme Gminder.

A Washington, un porte-parole des services d'inspection vétérinaire a reconnu que de telles suspensions des importations ne sont «pas très fréquentes». Il a assuré que la décision américaine n'avait aucun lien avec l'embargo européens sur les produits avicoles américains.