Si, dans le cadre du G20, elle s’est opposée à toute référence à la lutte contre le protectionnisme, évoquant même une renégociation de l’OMC, l’administration américaine affirme que le projet d’accord de libre-échange avec l’UE n’est pas « mort ».
Les États-Unis ont commencé à remettre en cause la doctrine mondiale en faveur du libre-échange et du multilatéralisme (ainsi que la lutte contre le changement climatique) lors d’une réunion des ministres des finances du G20 qui s’est tenue les 17 et 18 mars à Baden-Baden, sous la présidence de l’Allemagne. Ils sont parvenus à faire retirer du communiqué final la référence traditionnelle à la lutte contre le « protectionnisme ».
« Nous pensons que certaines parties de l’OMC ne sont pas appliquées, et nous allons tenter avec pugnacité de les faire appliquer dans l’intérêt des travailleurs américains », a de plus déclaré devant la presse le nouveau secrétaire américain au Trésor, Steven Mnuchin. Ces « accords sont de vieux accords et s’ils ont besoin d’être renégociés, nous envisagerons cela également », a-t-il ajouté.
« Je ne suis pas un isolationniste, je suis un partisan du libre-échange mais […] notre libre-échange a conduit à beaucoup de mauvaises choses », avait déclaré le 17 mars à Washington Donald Trump à l’issue d’un entretien avec Angela Merkel.
« Il faut être optimiste »
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Au terme de son échange de vues, difficile, avec le président américain, la chancelière allemande a notamment plaidé pour une reprise des négociations, lancées en 2013, sur le Partenariat transatlantique de commerce et d’investissement (TTIP).
« J’exprime vraiment mon désaccord avec l’idée que le TTIP est mort », a déclaré à ce propos le 21 mars, devant la commission des affaires étrangères du Parlement européen, Adam Shub, qui représente les États-Unis à Bruxelles en attendant la nomination d’un nouvel ambassadeur. Selon lui, le TTIP « n’entre pas dans la catégorie du TPP », le traité transpacifique (TPP) signé avec 11 pays de la région Asie-Pacifique, mais dont les Américains se sont retirés dès l’entrée en fonction du président Donald Trump le 20 janvier.
Le partenariat transatlantique a été « mis au frigo » en raison du « contexte » des élections américaines fin 2016, mais aussi des élections néerlandaises, françaises et allemandes de 2017, a assuré le représentant de Washington. « Ce n’était pas le meilleur climat pour […] poursuivre une négociation commerciale » impopulaire comme le TTIP. « Nous le passons en revue et il faut être optimiste », a-t-il conclu.