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Strasbourg Les eurodéputés « agricoles » favorables au maintien des quotas sucre

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Les membres de la commission de l’agriculture du Parlement européen sont globalement favorables au maintien des quotas de sucre jusqu’en 2020, alors que la Commission de Bruxelles propose, dans le cadre de la réforme de la Pac, de les supprimer le 30 septembre 2015. Certains d’entre eux se montrent toutefois plus partagés.

L’abolition des quotas de sucre dès 2015 frapperait lourdement les agriculteurs qui ont investi massivement dans la production de betterave, ont généralement estimé le 18 septembre, lors d’un échange de vues, les députés de la commission de l’agriculture du Parlement européen. « En ce sens, nous devons nous montrer responsables », a averti la démocrate-chrétienne (PPE) espagnole Esther Herranz Garcia.
Les quotas ont « apporté la stabilité au marché de l’UE », a souligné pour sa part le Vert allemand Martin Häusling. S’ils devaient être supprimés, « cela ne bénéficierait ni aux consommateurs ni aux agriculteurs », mais seulement à l’industrie de transformation.
Quant aux démocrates-chrétiennes lettone Sandra Kalniete et irlandaise Mairead McGuinness, elles ont affirmé que, si les quotas sont prolongés, les règles devront être les mêmes dans toute l’UE et que les États membres qui ont perdu les leurs devront avoir la possibilité de les récupérer.

Les producteurs ont besoin de temps pour s’adapter

Le Tchèque Hynek Fajmon, du groupe des conservateurs et réformistes européens, a considéré, à l’inverse, que les arguments pour l’abolition des quotas de sucre sont « suffisants », à condition que s’avèrent exactes les prévisions présentées aux parlementaires le 17 septembre par deux experts, Bert Smit, de l’université néerlandaise de Wageningen, et Joan Noble, consultant britannique.
Le maintien du régime actuel « n’est certainement pas la voie à suivre », a jugé lui aussi le libéral britannique George Lyon, même si les estimations des experts sur l’option sans quotas semblent éloignées de la réalité, tandis que l’Allemande Britta Reimers, du même groupe politique, a considéré que la suppression des quotas « offrirait beaucoup d’opportunités aux agriculteurs », mais soulèverait aussi la question de savoir si la filière européenne peut être compétitive à l’échelle mondiale.
En tout cas, plusieurs membres de la commission parlementaire ont estimé que les producteurs avaient besoin de plus de temps pour s’adapter à un régime sans quota. Au Royaume-Uni, « nous apprécierions beaucoup de tirer avantage d’un système sans quota, mais nous aurons besoin d’un certain temps pour reconstruire nos usines. Si ces quotas sont supprimés immédiatement, nos producteurs vont souffrir », a ainsi expliqué le Britannique John Stuart Agnew, du groupe Europe libertés démocratie.

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