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Les eurodéputés appellent Bruxelles à mieux soutenir les secteurs ovin et caprin

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La commission de l’agriculture du Parlement européen a adopté (par 37 voix contre 3) le 22 février le rapport d’initiative de l’eurodéputé espagnole Esther Herranz García (groupe PPE) sur « La situation actuelle et les perspectives d’avenir des secteurs ovin et caprin dans l’UE ».

Le rapport, qui devrait être voté par le Parlement dans son ensemble au cours de la session plénière du 16 au 19 avril à Strasbourg, recommande en particulier la mise en place, dans le cadre de la future Pac, d’un nouveau paiement environnemental pour rémunérer les biens publics fournis par les éleveurs d’ovins et caprins, tels que l’amélioration des terres et la préservation des écosystèmes.

Les eurodéputés demandent également que les aides volontaires couplées dont bénéficient ces secteurs soient au moins maintenues, voire augmentées. Des aides supplémentaires devraient également être accordées aux éleveurs qui font plus en termes de bien-être animal, aux jeunes agriculteurs et aux nouveaux arrivants, estiment-ils.

Le rapport parlementaire invite la Commission européenne à accroître son soutien à la promotion de viande ovine et caprine et à l’innovation dans ce secteur. Et, préviennent les eurodéputés, Bruxelles devrait y réfléchir à deux fois avant d’ouvrir son marché à de nouvelles importations, en particulier dans le cadre des négociations de libre-échange qui vont s’ouvrir avec la Nouvelle-Zélande.

Enfin, les parlementaires estiment qu’il serait possible de simplifier le système d’identification en réduisant les formalités administratives tout en assurant une traçabilité efficace.

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Ces propositions sont proches de ce que recommandait le Forum européen de réflexion sur l’avenir du secteur ovin qui avait remis en octobre 2016 ses conclusions au commissaire européen Phil Hogan (1) en vue de préparer la réforme de la Pac.

Au niveau européen, l’élevage ovin et caprin ne représente que 3,6 % de la valeur totale de la production animale (environ 98 millions de têtes), mais il couvre de vastes surfaces, en général des zones soumises à de fortes contraintes naturelles. Au Royaume-Uni, ces troupeaux paissent sur 31 % de la surface totale des terres agricoles, et sur 20 % en Espagne, en Roumanie ou en Italie. Le secteur ovin compte 850 000 exploitations et le secteur caprin 450 000.

(1) Voir n° 3566 du 24/10/2016

Un secteur particulièrement exposé au Brexit

La sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne est l’un des principaux motifs de préoccupations dans les secteurs ovin et caprin compte tenu de l’influence de ce pays sur le marché communautaire et du fait qu’il est la principale porte d’entrée des importations en provenance de pays tiers. C’est en effet par le Royaume-Uni qu’entre la majeure partie des importations ovines en provenance de pays tiers, Nouvelle-Zélande en tête. « Les retombées du Brexit ne seront pas seulement commerciales, mais aussi budgétaires », souligne le rapport de la commission de l’agriculture du Parlement européen, sur ces secteurs qui risquent de voir leurs crédits baisser fortement. Le secteur ovin irlandais est le plus vulnérable au Brexit, puisque 80 % de la production est exportée, dont 63 % vers les marchés français et britannique.