Les outils de gestion de crise actuellement en place dans l'UE ne sont pas suffisants pour répondre aux défis auxquels le secteur laitier européen est confronté (en premier lieu la volatilité des cours) surtout depuis l'abandon des quotas de production. C'est la conclusion d'un rapport parlementaire adopté le 11 juin par la commission de l'agriculture.
« Il est évident que les mesures et outils de crise mis en place par l'Union européenne ne sont pas conçus pour répondre aux réalités du secteur laitier moderne », estime le Parlement européen dans un rapport d'initiative adopté (par 34 voix contre 9 et 2 abstentions) le 11 juin par sa commission de l'agriculture (Comagri) (1). Selon le rapporteur du texte, le Britannique Jim Nicholson (ECR), « les mesures actuelles de “filet de sécurité”, comme l'intervention publique et l'aide au stockage privé, ne sont pas adaptées pour faire face à la volatilité permanente des prix ou à une crise dans le secteur laitier ». Les eurodéputés demandent donc à Bruxelles de mettre en place de nouveaux outils mieux adaptés à la volatilité constante de prix dans le contexte d'abandon des quotas de production qui ont pris fin le 31 mars après trente années de mise en œuvre.
Renforcer les organisations de producteurs
Selon les chiffres provisoires de la Commission européenne, publiés le 27 mai, la production de lait serait en recul depuis le mois d'avril en particulier dans les principaux pays producteurs, la France (-3%) et l'Allemagne (-1,3%). Sur le premier trimestre de 2015, la production européenne a reculé de 1,3%. Bruxelles attend néanmoins toujours une hausse de 1,2% de la collecte en 2015. Jim Nicholson juge « décevante » la mise en œuvre du paquet lait d'octobre 2012 (relations contractuelles renforcées, pouvoir de négociation accru via les organisations de producteurs et interprofessionnelles). Les députés appellent donc l'UE à renforcer le rôle des organisations de producteurs afin d'accroître leur influence dans la négociation de contrats. Jim Nicholson propose également de rendre plus efficace le prix d'intervention qui doit dans un premier temps être « révisé pour tenir compte des coûts de production croissants », puis « revu sur une base régulière ». Et face à l'embargo imposé par la Russie sur les produits agroalimentaires de l'UE, les eurodéputés de la Comagri demandent à Bruxelles de nouvelles mesures de marché (2).Le Parlement devrait se prononcer sur ce rapport en séance plénière durant sa session de début juillet.
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(1) Voir n° 3486 du 02/03/2015
(2) Voir même numéro