La commission de l’environnement du Parlement européen réclame un étiquetage différencié de la vodka, selon les matières premières à partir desquelles cet alcool est produit. La réglementation européenne actuelle indique seulement que la vodka doit être fabriquée « à partir de produits agricoles ». Les eurodéputés s’opposent également à l’aromatisation des eaux-de-vie et souhaitent maintenir le pouvoir de co-décision des députés pour la définition des boissons spiritueuses .
En adoptant le rapport du député Horst Schnellhardt (PPE, Allemagne) sur le projet de réglementation de la définition et de l’étiquetage des spiritueux, la commission de l’environnement du Parlement européen souhaite restreindre l’appellation « vodka » à une production à base de céréales, de pommes de terre ou de mélasse, et réalisée selon des « méthodes traditionnelles ». Pour les vodkas obtenues à partir d’autres produits agricoles (pommes, raisins...), les étiquettes des bouteilles devraient porter la mention « vodka produite avec... ». Si elle est fabriquée avec deux produits d’origine agricole ou plus, elle devrait être dénommée « blended vodka ». Enfin, elle devrait présenter un titre alcoométrique volumique minimum de 37,5%. Moyennant quelques amendements, les membres de la commission de l’environnement ont en quelque sorte suivi la Commission européenne qui propose de clarifier les règles sur la définition, la désignation et la présentation des boissons spiritueuses.
En fait, derrière ce débat se cache un énorme enjeu économique et financier. Les ventes annuelles de vodka s’élèvent à 4,5 milliards de litres, soit quelque 12 milliards de dollars (plus de 9, 287 milliards d’euros). Les plus gros producteurs sont aussi les plus gros consommateurs : au sein de l’UE, la Pologne, les pays scandinaves et les pays baltes comptent pour 70 % de la production, et 64 % de la consommation européenne. Au niveau mondial, c’est la Russie qui remporte la palme de la vodka, en absorbant 57 % de la consommation totale.
Une solution acceptable par tous ?
Depuis des années, plusieurs Etats membres de l’UE (notamment la Finlande, la Suède ou le Royaume-Uni) demandent une révision de la législation en vigueur sur les boissons spiritueuses, vieille de plus de 17 ans. L’absence d’une définition claire sur la vodka est pour eux la preuve des lacunes de cette législation. En décembre 2005, la Commission européenne a donc présenté une proposition d’harmonisation des règles sur la définition, présentation et labellisation des spiritueux.
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Le rapport de Horst Schnellhardt devrait être définitivement adopté en session plénière par l’ensemble des députés entre le 12 et le 15 mars prochains, puis ce sera au tour des représentants des gouvernements nationaux à se prononcer. Selon le rapporteur, cette définition de la vodka constitue un « bon compromis » et pourrait faire l’objet d’un accord avec les Etats membres dès la première lecture du texte.
Non à l’aromatisation des eaux-de-vie
En revanche, la commission de l’environnement a opté pour l’interdiction de l’aromatisation des spiritueux, contrairement à ce que proposait initialement la Commission européenne dans sa proposition. L’adjonction d’édulcorants devrait aussi être réglementée et figurer sur l’étiquette des bouteilles. Les députés ont également rejeté le projet de classification de la Commission en trois catégories – « eaux-de-vie », « boissons spiritueuses particulières » et « autres boissons spiritueuses », qu’ils jugent superflu et discriminatoire. Partant du principe que le règlement a pour but de préserver une qualité élevée pour l’ensemble des spiritueux, les députés réfutent par ailleurs l’idée que l’eau de vie, classée en catégorie A, doive être perçue comme étant de meilleure qualité que les boissons spiritueuses des catégories B et C.