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Apiculture et OGM Les eurodéputés s’opposent à Bruxelles sur les traces d’OGM dans le miel

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Pour les eurodéputés de la commission de l’environnement, la présence de pollen OGM dans du miel doit faire l’objet d’un étiquetage. Ils ont rejetté la proposition de la Commission européenne visant à considérer le pollen comme un constituant du miel.

La commission de l’environnement du Parlement européen a rejeté, le 27 novembre, la proposition de la Commission européenne de considérer le pollen comme un constituant du miel. Suite à un arrêt de la Cour de justice de l’UE du 6 septembre 2011 concluant que la présence de pollen issu de maïs génétiquement modifié (le MON 810 de Monsanto) dans du miel, même en quantité infime, empêche sa commercialisation sans autorisation préalable (1), la Commission européenne a voulu clarifier la situation en proposant, le 21 septembre 2012, que le pollen soit considéré comme un constituant naturel du miel et non comme un ingrédient (2). Ce dispositif permettrait d’exempter les producteurs de miel d’étiqueter la présence de traces de pollen provenant de plantes génétiquement modifiées. En effet, si le pollen est considéré comme un constituant, pour que le miel soit étiqueté il faudrait qu’il contienne 0,9% de pollen OGM alors que le pollen ne représente en général que 0,5% du miel. Mais les députés ont préféré que le pollen soit considéré comme un ingrédient (ce qui est le cas actuellement selon l’interprétation de la Cour de justice de l’UE). Résultat : si plus de 0,9% du pollen est OGM il faut le signaler sur l’étiquette. Selon les experts, le test permettant de déceler cette quantité serait très compliqué et couteux.
 
« Croisade contre les OGM »
Pour les Verts, « en rejetant la proposition de la Commission, les députés ont privilégié les intérêts des apiculteurs, des abeilles et des consommateurs européens ». « Assurer un étiquetage du miel contenant du pollen contaminé permettra de garantir l’information sur la qualité et la liberté de choix des consommateurs européens », estiment-ils.
Ce n’est pas l’avis de l’eurodéputée Julie Girling (Royaume-Uni, du groupe des Conservateurs et réformistes européens), rapporteure du texte, qui a exprimé sa déception à l’issue de ce vote : « Malheureusement, le secteur de l’apiculture subit les dommages collatéraux de la croisade contre les OGM et, en conséquence, le secteur est toujours en pleine incertitude juridique ». Elle espère que lors du vote en séance plénière « le bon sens finira par l’emporter ». La commission de l’agriculture, qui est consultée pour avis, soutient elle aussi la proposition de la Commission.
 
(1) Voir n° 3315 du 12/09/2011
(2) Voir n° 3367 du 01/10/2012

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